Viet Cong – « Viet Cong »

ThomPar Thom  •  3 Fév 2015 à 13:51  •  Albums  •   0 views

7 titres, 36 minutes : c’est ce qui suffit à Viet Cong pour prouver qu’ils sont la nouvelle sensation rock de l’année. Entre post-punk et psychédélisme à la Nuggets (mythique série de compilations qu’il faut absolument connaître), les Calgariens rendent une première copie parfaite.

Difficile de s’y retrouver dans le paysage musical actuel. Trop de styles d’émergences diverses qui s’affublent d’étiquettes superflues. On ne sait plus où donner de la tête. Je sais de quoi je parle, je suis un des premiers à me poser la question du genre musical. Mais la vraie question serait plutôt : est-ce bien nécessaire d’apposer un genre ? À l’heure où ces lignes sont écrites, il y a certainement un expérimentateur niché au fond d’un local sordide qui vient d’inventer une nouvelle fusion musicale à laquelle il faudra de nouveau coller une étiquette. Qui sait ?

Avec Viet Cong, on n’a pas le temps de se poser la question, ou plutôt pas l’envie. Oui, il faut bien catégoriser, comme ça le lecteur se situe et peut décider de passer son chemin, ne trouvant pas d’intérêt dans le style, ou alors s’arrêter et faire une entorse à son règlement interne des goûts musicaux. C’est exactement ce que je veux pour ce groupe. Car avec ces Canadiens, nous ne sommes plus dans de la simple musique, nous sommes dans une sorte de capharnaüm où se mêlent textures opaques, évocation d’une urbanité post-apocalyptique et grosse baffe dans ta gueule.

Dès les premières mesures de cet album éponyme, Viet Cong bouscule l’auditeur. L’introduction de ‘Newspaper Spoons’ présente des tambours agressifs, auxquels viennent s’ajouter des dissonances vocales litaniques, puis une guitare distordue au possible, et enfin une mélodie quasi angélique. On passe de la traversée tumultueuse d’un Styx formé de métal en fusion aux portes de l’Olympe en 3 minutes. Le décor est posé.

Tout au long de l’album, le groupe développe une ambiance oppressante, par des boucles entêtantes, mais aussi par la distorsion des guitares. Et c’est là qu’intervient le décor post-apocalyptique. Celui de Yiu, par exemple, pour les amateurs de BD. On le ressent notamment dans le très bien nommé ‘March of Progress’. Morceau qui passe d’une lourdeur massive à un trip halluciné où la batterie s’excite et donne le rythme à des loops excités.

On a ensuite ‘Continental Shelf‘, titre phare de la galette, mais qui selon moi ne donne pas la meilleure idée de la musique du combo. Je prends juste encore le temps de vous conseiller l’apogée monumental du disque dans le titre ‘Death’, titre à la géométrie variable et ultime moment de bonheur de cet album. Un album qui mérite amplement une bonne demi-heure de votre temps.

Jagjaguwar – 2015

Thom

En 210 caractères, on peut dire de moi que j’aime: mettre du Maggi sur mon pain et les bande-annonces au cinéma. Je n’aime pas me raser et la peau sur le lait. Par contre, pas la place pour parler de musique.

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