Tindersticks – « The Waiting Room »

AlexPar Alex  •  20 Fév 2016 à 14:00  •  Albums  •   4 views

Tindesticks. Le nom sonne tendre et colle au cœur. Et la musique ? Elle assemble la délicatesse des arrangements à la pureté de l’émotion. « The Waiting Room » confirme la place marginale de Stuart A. Staples et de sa formation dans la panorama musical actuel.

La longévité des Tindersticks doit être liée à la réinvention continuelle de leurs sonorités. Ainsi, nous les avions laissés en 2014 avec « Ypres », une escapade dans la musique classique. C’était un poil expérimental pour qu’on y accroche complètement. Ils reviennent cette année avec un rock doucement progressif.

Faire renaître une voix

C’est que « The Waiting Room » possède tout simplement la touche Tindersticks tellement unique : un mélange de groove, de mélancolie et de noirceur diffuse. Le meilleur exemple est peut-être le morceau ‘Hey Lucinda’ derrière lequel il y a une histoire à raconter. On y entend une voix féminine que certains identifieront rapidement et que d’autres devraient découvrir urgemment.

Cet ange musical de passage, décédé à la suite d’un cancer en 2010, reprend temporairement vie durant cinq minutes. Il n’a pas pu publier l’enregistrement auparavant parce qu’il souffrait trop de rencontrer à nouveau la voix de la chanteuse mexico-canadienne. C’est ainsi que les Tindersticks rappellent l’indispensable Lhasa de Sela à la vie. Et, à titre personnel, je dis un énorme merci !

Musique instrumentale et accords de relaxation

Parler d’un seul morceau pour présenter un album serait très maladroit. Même s’il faut admettre que l’arrangement xylophone-flûte traversière-cuivres-cordes dit beaucoup sur l’ensemble du disque. Il démontre la capacité unique des Tindersticks de surprendre par des assemblages musicaux très rares. L’effet de surprise ne s’arrête pas là dans la mesure qu’une composition instrumentale, ‘Follow Me, ouvre l’album. Ce choix permet à l’auditeur d’entrer doucement dans l’univers du groupe. On retrouve ce soucis dans le minimal ‘This Fear Of Emptiness’ où le titre exprime toute l’atmosphère du morceau sans plus de mots.

Le contraste survient immédiatement par la suite avec ‘Second Chance Man’ et sa rythmique en crescendo renforcée par une batterie soudain plus présente. Plus loin, le très soulyHelp Yourself’ ajoute encore une nuance en plus. N’oublions pas non plus la narration planante de ‘How He Entered’, ainsi que ‘Like Only Lovers Can’ qui ferme l’album avec quelques accords de guitare acoustique et un clavier relaxants.

Les Britanniques sont donc plein de ressources. Ils offrent notamment des lives dont le souvenir reste longtemps ancré comme l’écho d’une musique auprès de laquelle on aime revenir. Ils seront par ailleurs à l’Octogone de Pully le 6 mars 2016 et les plus courageux pourront aller les découvrir ou les redécouvrir au Kaufleuten de Zurich le 7 mars.

 
Tindersticks - "The Waiting Room"

« The Waiting Room »

Tindersticks

22 janvier 2016
 
Auteur:

Alex

De Brel à Fink en passant par Louis Armstrong et Sigur Ros, voilà ceux qui me marquent et touchent. La musique doit être un voyage, un envol et un rêve. Réveiller l’âme. Veiller l’être. Dévoiler le cœur.

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