Thunderbitch – « Thunderbitch »

StevePar Steve  •  30 Sep 2015 à 14:00  •  Albums  •   0 views

Dix morceaux, 33 minutes, 100% rock’n’roll: Thunderbitch, c’est le projet inattendu de Britanny Howard, la rugissante chanteuse d’Alabama Shakes.

Des pseudonymes mystérieux, aucune promo pour leur album, le site web le moins informatif du monde (Thunderbitch.com, étant déjà pris, ils se sont rabattus sur thundabetch.com) et une couverture des plus simplistes (« Hé, on n’a qu’à écrire notre nom en majuscules! Bon, le « R » de Thunder n’est pas sur la même ligne, mais on s’en fout. Rock’n’roll! »)…

Vous l’aurez compris: Britanny Howard et ses comparses ne sont pas du genre à se prendre la tête. Et à notre époque où chaque single est accompagné de teasing, marketing, re-teasing et re-marketing, ça fait plutôt du bien. À moins que le manque de promo et l’effet de surprise soient justement calculés…

Car le groupe sait entretenir le mystère. Sur leur site, on nous dit qu’il est composé de « Thunderbitch, Matt Man, B Bone, ThunderMitch, Char Man and A Man ». Ce qui ne nous avance pas beaucoup. Alors, en creusant un peu sur internet, on apprend que les musiciens sont issus des groupes de Nashville Fly Golden Eagle et Clear Plastic Masks. On découvre également que le projet Thunderbitch n’est pas si inédit que ça. Ils avaient déjà un mystérieux compte Soundcloud depuis deux ans et avaient même joué en public en 2012. Une histoire de potes qui jouent du rock, quoi.

Coup marketing ou non, la sortie soudaine de cet album est en tout cas une véritable surprise. On se demande en effet où Britanny Howard a trouvé le temps, elle qui a parcouru tous les festivals possibles cette année, jammé avec Paul McCartney et qui sort tout juste de l’enregistrement du génial « Sound & Color » avec Alabama Shakes (chronique ici). Mais bon, on ne va surtout pas se plaindre!

« Let Me Do What I Do Best »

Si « Sound & Color » était une exploration des genres subtile, un équilibre surprenant entre soul ancestrale et sonorités contemporaines, « Thunderbitch », lui, peut se résumer en quelques mots: « Thunderbitch. Rock ‘n’ Roll. The end. »

Je n’invente rien, c’est l’exact copié-collé de la biographie du groupe sur son site officiel. Au niveau des titres de chansons, on ne fait effectivement pas plus rock’n’roll. Traduits en français, cela donne: ‘Je m’en fous’, ‘Veste en cuir’, ‘Laisse-moi faire ce que je fais de mieux’ ou encore ‘Mon bébé est ma guitare’.

La moitié des titres ne dépassant pas les 2 minutes 30, « Thunderbitch » est une véritable autoroute. Musicalement, c’est un condensé d’énergie brute sans concession, un rock’n’roll flirtant avec le punk, un brouhaha jouissif quelque part entre Chuck Berry et Iggy Pop, les Rolling Stones et les Ramones. Quelques moments d’accalmie – tout relatifs – sont tout de même à noter.

Le premier titre, ‘Leather Jacket’, est celui qui nous fait le plus penser à Alabama Shakes, par ses breaks inspirés de la soul traditionnelle. Sur ‘Closer’, Britanny Howard joue sans répit sur les nuances de sa voix, passant du chuchotement au rugissement plus vite qu’une Ford Mustang. Sur ‘Very Best Friend’, le groupe se la joue Lynyrd Skynyrd avec un country-rock tout droit sorti du sud profond.

Évidemment, l’époustouflante Britanny Howard est le centre de l’attention. Sa voix, toujours aussi puissante et théâtrale, est ici plus criarde et sauvage que jamais. Comme si elle avait voulu, le temps d’un album, se libérer d’Alabama Shakes et des attentes grandissantes à leur égard. En effet, trois longues années ont été nécessaires au groupe pour pondre un deuxième opus. Après un succès tant critique que commercial, elle a bien mérité de souffler et se lâcher sur 33 minutes de rock’n’roll.

Aura-t-on un jour la chance de voir Thunderbitch sur scène ? Là encore, le site web est clair, limpide, sans ambiguïté :

« Maybe someday. »

https://www.youtube.com/watch?v=B35DH-79lk4

Steve

Depuis que j’suis gosse, je suis fan de rock. Toutes les époques, tous les sous-genres mais surtout lorsqu’il « vient de là, il vient du blues ! ». Nom de dieu, je viens de citer du Johnny ?! Shame on me.

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