Tame Impala – «Currents»

OlivierPar Olivier  •  30 Juil 2015 à 16:04  •  Albums  •   0 views

« Innerspeaker » les avait dévoilés aux amateurs de psychédélisme, deux ans plus tard, « Lonerism » enfonçait la porte. Il n’en a pas fallu plus pour que Tame Impala gagne sa place dans la classe des groupes actuels les plus suivis.

Tout d’abord quasiment heavy sur leur premier essai, puis plus sombre et aventureux sur son successeur, les Australiens menés par le cerveau Kevin Parker semblent vouloir faire en sorte que l’on ne puisse pas les ranger dans une case bien définie. « Currents », troisième opus fraîchement publié, nous embarque cette fois dans un territoire plus pop, mais également plus synthétique.

Exit les guitares saturées, c’est au tour des grosses basses funky, boîtes à rythmes et autres claviers en tout genre de prendre le pouvoir. A l’écoute de cet album, la volonté de Parker de s’écarter de l’image de prodige du psychédélisme qu’on lui attribue depuis plusieurs années est palpable. Lui qui déclarait dernièrement, dans un interview, qu’il ne voulait pas que ‘Elephant‘ soit le plus grand tube de sa formation, part effectivement dans une direction bien différente que le mythique morceau pachydermique.

Des tubes potentiels, ce n’est pas ce qui manque à ce « Currents ». Un disque qui allie moments pop bondissants et ensoleillés à des titres plus posés et nonchalants, tous axés sur un simili concept évoquant l’évolution personnelle d’un Etre humain, que lui-même ne ressent pas, à contrario de ses proches. On alterne donc entre ébullition et calme, se laissant balader par le trio.

On retiendra ‘Let It Happen‘ (ci-dessous) et ses presque huit minutes en ouverture d’album, qui, à lui seul, permet de présenter le nouveau son de la bande. ‘The Moment‘ et, surtout, ‘The Less I Know the Better‘ qui, si l’ensoleillement et la promotion à venir le permettent, risquent fort de passer sur toutes les ondes. ‘Eventually‘ et ‘Reality in Motion‘ pour se faire un petit plaisir ballades électroniques. Le reste est cohérent et peut avoir ses adeptes, mais connaît néanmoins quelques longueurs. La voix de Kevin Parker n’a sans doute jamais été aussi haute et la basse aussi omniprésente.

Avec « Currents », Tame Impala signe un album ordonné et de qualité. Une évolution sonore réussie qui risque d’interloquer d’anciens fans et d’en conquérir de nouveaux, reste à découvrir quel camp sera le plus nombreux.

Interscope Records – 2015

Olivier

Défenseur du rock’n’roll, expert en prix de l’essence, fanatique de la Sainte-Boisson et éternel admirateur de Yannik Paratte.

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