De la souffrance à l’apothéose

RaffaelePar Raffaele  •  6 Juil 2016 à 12:20  •  Live  •   1 view

Mardi soir, l’auditorium Stravinsky a eu le privilège d’assister aux prestations de Mogwai et de Sigur Rós. Plus qu’un concert, une expérience traversant tout le spectre des émotions.

Dès 20h, Mogwai a ouvert le spectacle en grande pompe. La formation écossaise a présenté l’ « Atomic Project » composé d’extraits d’un documentaire sur l’histoire du nucléaire dont ils ont composé la bande originale. Par-dessus, ils jouent en live. Histoire et décadence, surtout décadence. Les images sont violentes, perturbantes, dérangeantes. Mêlées à la voix off, elles accueillent la musique de Mogwai qui prend tout son temps pour véhiculer, susciter les sentiments.

Autour de moi, la plupart des personnes assistent au concert les bras croisés, comme s’ils voulaient se protéger de cette sobre dévastation. Le groupe entretient la tension, fait évoluer ses sonorités et capture l’auditeur. Nous sommes à leur merci. Quand survient l’image du boson de Higgs, une explosion de rock sonne comme une délivrance. Des frissons me parcourent l’échine. Mogwai finit son concert par une dernière montée en intensité. Applaudissements nourris.

Le torrent stellaire islandais

Le temps de se remettre de ses émotions, de prendre un verre, c’est déjà le retour vers la salle pour le concert de Sigur Rós. On ne peut pas rentrer avec les boissons ? Qu’à cela ne tienne: cul sec ! La soirée n’affiche pas sold out, pourtant la foule est bien présente. Chacun prend position dans l’attente des musiciens que tous sont venus voir. Enfin, les Islandais arrivent, derrière le décor pendant les deux premiers morceaux, calmes et lancinants. Puis le trio se positionne sur le devant de la scène. Le clou du spectacle est là, ici et maintenant. Le public accueille ses ondes sonores bienveillantes. Il est comme aspiré, touché au cœur, électrisé.

La mise en scène du groupe aide en cela: une structure impressionnante mêlant lumière, perspective et VJing, donne au show des allures surnaturelles. On assiste à la naissance de l’univers. Sigur Rós enchaîne les morceaux aux noms imprononçables inspirés par les volcans et les vagues salées des terres du nord. On ne sait pas si l’on se plonge dans la quintessence de la nature ou dans les origines du monde, sans doute un mélange des deux. En un claquement de doigts, c’est déjà la fin. Rien vu passer. Le groupe reviendra pour un rappel, acclamé par des spectateurs galvanisés. On les laisse jouer, ne pouvant qu’accueillir ce fleuve émotionnel. Puis voilà, c’est terminé. Encore quelque part entre ciel et terre, on se dit alors que l’on vient d’assister à un sacré putain de concert.

 
Auteur:
Raffaele

J’ai grandi dans les années 90, mes influences sont un vrai patchwork musical. J’apprécie selon l’humeur un gros beat electro, un flow hip hop ou l’effervescence d’un concert de rock. ‘Faut que ça groove !

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