Schwarz: « La force de Hummus Records? La solidarité »

PatrickPar Patrick  •  12 Juin 2015 à 15:00  •  Live  •   4 views

Schwarz, c’est le subtil mélange entre de la pop et de l’expérimental, là où le côté dansant rejoint la facette sombre. Leur album est sorti l’automne passé sur Hummus Records et ils ont lancé jeudi un été riche en festivals.

La première journée à Festi’Neuch, c’est un peu comme le jour de la rentrée scolaire. On retrouve les copains. Julie, notre maman à tous, me dit direct: « ils passent vite chez RTN et ils sont à vous ». Une dizaine de minutes pour souffler avant de s’asseoir autour d’une table avec Danaé Leitenberg et Jonathan Nido, respectivement chanteuse et guitariste du groupe Schwarz.

On va y aller avec une question un peu bête…

J : Ça commence toujours comme ça. (Rires)

Alors, présentez-nous un peu Schwarz pour ceux qui ne connaissent pas ?

J : C’est vraiment une question con, t’avais raison ! (Rires) Schwarz c’est un groupe qui fait de la musique pas très joyeuse, mais qui fait plaisir quand même.
D : C’est une bonne définition que tu as là. On peut ajouter que c’est un groupe de dark-pop mais pas que.

Justement, on vous place dans la frange dark-pop. Mais ça vient d’où ? C’est parce que vous vous appelez Schwarz que vous faites de la dark-pop ou c’est à cause de la dark-pop que vous vous appelez Schwarz ?

D : Tout s’est fait assez naturellement. En fait, «Schwarz» c’est un mot qu’on utilisait pour décrire les choses bien glauque en disant «Ah c’est Schwarz», l’origine officielle n’est pas connue. La dark-pop, on est en tombé sur cet intitulé sur Mx3, ça nous correspondait bien et, au final, tout le monde nous le ressort en interview, donc ça doit coller pas mal.

Mais c’est quoi de la dark-pop en fait ?

J : Ce serait une sorte de pop un peu plus mélancolique et moins jouasse que ce qu’on attend de la pop musique. Il faut se dire qu’il y a un côté dansant sur certains morceaux, mais généralement t’as plutôt envie de te lancer au fond d’un puits (rires). Pour être honnête, ça nous a tout de même bloqué l’accès à certaines radios quand même. On pensait avoir fait un disque de pop, mais la critique disait souvent que c’était trop sombre pour être ajouté à des playlists. L’étiquette est assez légitime même si les étiquettes c’est chiant.

Dans le clip de ‘Echoes’ on retrouve ce côté sombre. D’où est venue l’idée, de vous ou du réalisateur ?

J : On voulait bosser avec Augustin Rebetez, qui est un artiste qu’on adore. Augustin c’est quand même un sale punk. Il nous a simplement donné rendez-vous sans que nous sachions ce qu’il allait faire. Au final, ça correspond à son univers visuel, c’est un mec qui fait avec ce qu’il a. Il est arrivé sur place, il y avait des enfants, il les a maquillés et leur a mis des tenailles dans les mains. Je ne sais pas si ça raconte une histoire, mais ça colle bien à l’esthétique du groupe.

Votre album est sorti sur Hummus Records, le label qui monte, qu’est-ce qui fait la force de ce label ?

D : C’est Jonathan Nido, c’est lui le boss, donc je le laisse parler. (Rires)
J : Julien Fehlmann qui a produit l’album et Romain Sigenthaler, l’initiateur du projet, sont venus me voir pour que je les assiste dans le démarchage de label et la promotion. J’ai entendu l’album et j’en suis tombé amoureux direct. Alors je leur ai dit que je les aidais volontiers et s’ils ne trouvaient pas de deal je sortirais le disque sur Hummus. J’ai ajouté que je voulais bien jouer dans le groupe si c’était possible (rires). On a discuté du label et de son fonctionnement D.I.Y., ça les a séduits.

Et du coup, l’album ?

: Il y a une sorte de période d’euphorie quand tu sors un album bien produit qui peut entrer en compétition avec des grosses machines. Pendant une courte période tu te dis que ça va être un succès, mais quand tu vois la réalité du business ça retombe d’un coup. C’est là que tu remarques que c’est de la pop, certes, mais c’est quand même expérimental et sombre. Au final ça colle bien avec Hummus Records, c’était donc censé qu’on se rapproche comme ça.

C’est quoi la force de Hummus ?

D : Des sorties qui sont très souvent de qualité qui peuvent aller du gros hard à la pop indie ou du folk. Je pense qu’il y a aussi beaucoup de solidarité, typiquement, il n’y a pas une personne du label que je ne connais pas. On se retrouve tous en soirée et il n’y a jamais une once de compétition entre les différents groupes. Il y a aussi le réseau autour de Hummus, comme Augustin, c’est un assemblage d’artistes qui ont une éthique. C’est ça la vraie force du label.

Ce soir, Festi’Neuch, c’est la maison pour vous.

J : On a eu fait plus de kilomètres pour faire des concerts. C’est cool, au bord du lac, du vin blanc gratuit, bon je bois du blanc parce qu’il n’y a pas d’absinthe. Plus sérieusement, les concerts à la maison, j’ai toujours de la peine à jouer devant des gens que je connais. Au fin fond de l’Ukraine, pas de souci par contre. T’es à la maison oui, mais au final tu fais un concert qui n’aura, peut-être, qu’un petit rapport émotionnel en plus. En fait, le pire c’est qu’on n’est pas logés, du coup on va devoir rentrer en voiture et ça fait quand même ch*er. (Rires)

Ça lance un sacré été de festivals, Hors-Tribu, Pully, Chant du Gros.

J : Et en exclu, je te l’annonce : le Rock Altitude. Les festivals c’est toujours cool. On ne va pas se mentir, ce sont des grosses scènes, il y a toujours du monde et on est bien payé. En plus, tous les week-ends c’est un peu les vacances.

Festi’Neuch, vous en gardez un souvenir particulier ?

D : C’était mon premier festival, j’étais venu voir Starsailor avec mon père. Je n’aurais jamais pensé me retrouver sur une scène ici. C’est un festival qui parle aux gens. Quand je dis où on joue, certaines personnes ne connaissent pas, alors que Festi’Neuch tout le monde connaît. C’est une belle vitrine pour nous.

J : J’ai vu Prodigy, il y a une dizaine d’années. Il y avait tellement de monde qu’on ne touchait pas par terre avec mon meilleur pote. C’était vraiment pas simple de rouler des cannes quand tu lévites à 40 centimètres du sol. On a failli dégueuler tellement qu’il y avait de basse, c’était hyper bien.

Si je vous dis «Moite-Moite», vous pensez à quoi ?

J : la fondue

D : la fondue

Ah non. Il faudra aller faire un tour au bistrot là-bas et demander le sandwich «Moite-Moite», c’est une obligation.

Patrick

Un jour je chasserai la marmotte. En attendant j’écris bénévolement des articles sur des groupes obscurs pour me payer l’attirail nécessaire afin de réaliser mon rêve. La vie, c’est pas facile.

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