Salut C’est Cool: « Tout le monde peut faire de la musique. »

MalvinPar Malvin  •  11 Mar 2015 à 12:00  •  Interviews  •   9 views

C’est à l’occasion des Hivernales à Nyon que j’ai pu rencontrer ce nouveau groupe français qui fait tant parler de lui, Salut C’est Cool. Entretien avec quatre types qui découvrent avec enthousiasme les Farmers suisses.

Autant par leur extravagance, décriée par certains, que par leurs prestations, acclamées par d’autres, les gars de Salut C’est Cool sont encore loin de se prendre la tête pour un rien. Posés là à rire et à disserter sur les aliments helvétiques, le dictaphone se met en marche.

Bonjour. Présentez-vous donc !

Bonjour. On est un groupe de musique, on s’appelle Salut C’est Cool, on vient de Paris, et on fait de la techno en chantant en français par-dessus. Parfois même en italien.

Quels ont été vos premières expériences en Suisse ?

On va dire que c’était au Turbo-Mongol, un squat à Lausanne. Très bonne expérience, comme à chaque fois où on a eu un concert gratuit, du genre au festival de la Cité l’année dernière. On a aussi joué dans une école, un abri atomique plutôt. Quant à Nyon, on a déjà fait Paléo, où on a mangé dans des assiettes en porcelaine. L’accueil est toujours très bon en tout cas !

Parlez-moi de la scène techno en France.

Il n’y a pas vraiment de fonctionnement particulier. Peut-être qu’on ne fait pas vraiment partie du truc non plus. Un peu comme Acid Arab, vu que ce sont les même personnes qui s’occupent de nous. En tout cas la scène techno y est, avec Les Technivales par exemple, mais ça on y touche pas trop. On commence juste à prendre contact avec ces gens-là. Après, quand on entend techno, on pense plutôt à la scène dance, où on se retrouve en soirée dans un même lieu et on se fait des amis.

Comment, d’après vous, le monde de la musique est-il en train d’évoluer ?

C’est super cool. Tout le monde peut faire de la musique. Nous, par exemple ! On n’aurait pas pu il y a trente ans, en tout cas avec de la musique comme on en fait. Les gens sont aussi plus détendus par rapport à ce qu’ils peuvent trouver. Moins de crispation et plus de choix, on peut vraiment se perdre dans la musique ! Et internet aide beaucoup à cela. Cependant, cela nous oblige également à chercher mieux.

Et vous, vos inspirations ?

Outre les musiques récentes, on cherche pas mal de trucs en techno qui datent d’entre 90 et 95. T’as une variété de choix impressionnante. Surtout en vinyl. Peut-être avec un certain recul, dans les années 2010, il y aura encore plus de trucs à découvrir, plus de moyens de recherche. C’est un monde complètement infini.

Internet y est pour quelque chose, donc.

Eh bien, oui. En tout cas pour la diffusion. Peut-être aussi pour choper des coups de main, apprendre grâce à des tutos, voir comment un logiciel de musique ou un système d’émulation fonctionne. Ça aide beaucoup.

Sans prétention, à quoi devez-vous votre succès ?

Des coups de chance et des rencontres. C’est vrai ce qu’on dit : rencontrer les bonnes personnes au bon moment. Il y a eu pleins d’évènements qui nous ont motivés à continuer, et du coup maintenant on ne fait plus que ça. Enfin, quasiment. Les gens aussi étaient chauds à venir à nos concerts sans qu’on soit connu, à bouger avec nous. D’abord les potes, ensuite les potes des potes… Brefs, nous n’avons jamais fait de démarche pour trouver des dates. Non seulement on nous a toujours invité, mais en plus ça marchait jamais quand on le faisait nous. La visibilité sur internet y est certes pour quelque chose. En tout cas, nous sommes les moins bien placés pour savoir ce qui s’est vraiment passé.

Que pensez-vous de cette catégorisation de groupe « WTF » que les médias ont tendance à faire de vous ?

On n’a pas très bien compris ce que ça voulait dire, je crois. C’est surement parti d’un gigantesque copié-collé, où un jour un type a commencé à le dire, et après, ça s’est propagé et déformé. Disons que c’est vrai qu’on touche beaucoup à l’absurde, au surréalisme, à la dérision. Peut-être que si nous avions 45 ans, nous serions catégorisés dans ces groupes-là. Mais vu qu’on est jeunes, les gens utilisent le terme « WTF » pour parler de nous. C’est un langage de jeune. C’est dommage, car ça stérilise un peu le débat : On parle de quelque chose de « WTF » et on passe tout de suite à quelque chose d’autre. C’est un mot zapping. Mais dans le fond, ça prétend aussi qu’il y a quelque chose de surprenant. Du coup c’est plutôt sympa. On va faire un truc, remplaçons donc le terme « WTF » par « surprenant ».

Dernière question : quel album en premier donneriez-vous à un extraterrestre qui vous rend visite ?

Il faudrait lui faire une compil de ce qui se passe sur Terre. Nos premiers choix seraient… les Tshetsha Boys , un peu électro-ethnique, c’est bien ça. Sinon, ‘Lipstick Polychrome‘ de Balavoine, y’a pas mal de langues là-dedans. Pour résumer ces deux, on pourrait aussi mettre ‘Ancient Combattant‘ de Zao. C’est un peu triste mais il est assez total ce morceau. Au pire on leur dit de revenir, notre playlist pourrait changer dans 5 minutes. Au fait, il pourrait écouter n’importe quoi, ce sera de toute façon intéressant.

Photo © Ayah (www.concert.arte.tv)

Malvin

Par une douce nuit de Printemps, je m’engouffrais dans une pénombre magnétique. De là retentissaient de faibles vibrations, profondes, vraies. Dès lors, je n’ai cessé de traquer l’essence de cette musique. La bête me menait de voyages en découvertes, au milieu d’une vibrante atmosphère aux aspects dub, électro, rock psychédélique…

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