Rosalía, le flamenco dépoussiéré

AlexPar Alex  •  15 Mar 2017 à 07:00  •  Découvertes  •   37 views

De l’audace et du talent, ces deux mots résument le mieux l’album « Los Angeles » de Rosalía. D’une part, elle dépoussière le flamenco en cassant son mythe notamment par des grincements étonnants et des coupures brusques. D’autre part, elle respecte la force de ce chant andalou et n’hésite pas à l’entonner a cappella.

C’est d’abord la voix hésitante d’un enfant qui lit dans une pièce. Un homme l’aide. Et puis les accords réguliers d’une guitare remplacent les mots avant que la tessiture vocale d’une femme habite toute la mélodie fragile. Des claquements de mains flamencos s’ajoutent à l’ensemble et le phrasé s’accélère tout comme le jeu de guitare. C’est ‘Si tú supieras compañero’.

Que demander de mieux pour l’ouverture de l’album « Los Angeles » de Rosalía ? Rien. C’est d’autant plus agréable qu’un tambourin termine par donner encore plus d’épaisseur à la mélodie. Et puis je crois qu’il y a toute la fragilité et l’audace de la chanteuse espagnole dans ce premier morceau. La suite ? Une merveille.

Rosalía semble être attachée aux vocalises du flamenco, mais elle ne s’interdit pas des cassures de rythme radicales comme dans ‘Catalina’ ou le guitariste arrête soudain de jouer au moment où la voix se casse et puis elle continue a cappella. Des grincements étonnants, presque désaccordés, apparaissent encore sur ‘Por Mi Puerta No Lo Pasen’.

 

« Los Angeles »

Rosalía

2017
 
Auteur:
Alex

De Brel à Fink en passant par Louis Armstrong et Sigur Ros, voilà ceux qui me marquent et touchent. La musique doit être un voyage, un envol et un rêve. Réveiller l’âme. Veiller l’être. Dévoiler le cœur.

Dans le même genre...

Quand la musique est à la limite de la cassure, nous nous émerveillons devant les moindres détails.

Quand l'océan chante dans la voix de Lula Pena, le résultat ressemble à l'éclat d'une vague sur le...

Une première écoute au détour d’une soirée d’hiver, et voilà, j’étais contaminé.