Le Romandie suinte de stoner

MalvinPar Malvin  •  24 Mar 2016 à 15:30  •  Live  •   1 view

C’est un lundi soir, au plus grand bonheur des vacanciers du désert, que la caravane Up In Smoke s’installe dans les locaux du Romandie, à Lausanne. Récit brassicole d’une musique qui se la colle.

Le groupe itinérant Sound Of Liberation, organisateur notamment des si parfaits Desertfest de Berlin, Londres ou Belgique, tient dès lors à une réputation notoire. En gros, cela touche à du génie. Et il se trouve qu’une simple et bonne pilsner ouvre les portes de la conscience à beaucoup d’imagination. Un festival semblable voit alors le jour en 2013, l’Up In Smoke Indoor Festival, au sein de la si charmante zone industrielle de Pratteln, Bâle. Cependant, tout cela a débuté sur les routes, bien avant la sédentarisation évènementielle. Ça s’appelle l’Up In Smoke Roadfestival, et ils en sont dès lors à leur septième transhumance. Passage au Romandie oblige.

La soirée ne lésine pas à commencer des tréfonds du rock. Parfaite mise en bouche, oui monsieur-dame ! Belzebong, c’est quatre Polonais dont le faciès restera mystère. Le capillaire bouge en rythme, et la lumière verte se fond dans cette épilepsie visuelle d’arrière-fond, méchoui de vieux films d’horreur aux tendances cornues. L’effet est sidérant, le son et propre, on toque ce soir aux frontières du doom de haute voltige.

La tireuse enchaîne avec le plus attendu des groupes, Stoned Jesus. Changement d’ambiance : la tête sort du gouffre, l’autruche reprend de ses plumes. Le contact se fait plus facilement avec le public, le chanteur joue de son charme bourru, et c’est un heavy rock de l’âge stonerien qui se déverse sans plus attendre des pores de l’enceinte. Mais un truc cloche : le son n’est plus si rond qu’avant. Ça sature. Contradictoire, certes, on est tout de même face à une musique qui porte à cet effet. Mais la balance n’est pas à la hauteur des riffs. Heureusement, on souffle dès le milieu du concert, et la troupe bovine chante à tue-tête les classiques du groupe.

Et là, Mars Red Sky arrive. La foule s’est malheureusement vidée à moitié. Les survivants de la tempête prennent alors conscience de l’erreur des autres : les deux premiers obus n’étaient qu’une mise en bouche comparé à la puissance de ce trio bordelais. Une voute psychédélique s’accapare alors du haut de nos pensées. Cet homme à petite stature, dont la Gretsch couvre la moitié de son corps, envoute par sa voix incroyablement maitrisée. Ça part dans les ténors, les riffs saccadés et incroyablement innovants viennent rompre la lévitation, pour finalement retomber dans un maelström sonore pur, dur, lustré. C’est un stoner parfait que nous vivons là, de ceux qui marquent les esprits au milieu d’une offre croissante. L’orgasme a été ce soir-là de longue durée.

 
Auteur:
Malvin

Par une douce nuit de Printemps, je m’engouffrais dans une pénombre magnétique. De là retentissaient de faibles vibrations, profondes, vraies. Dès lors, je n’ai cessé de traquer l’essence de cette musique. La bête me menait de voyages en découvertes, au milieu d’une vibrante atmosphère aux aspects dub, électro, rock psychédélique…

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