Quilt – « Plaza »

MalvinPar Malvin  •  24 Mar 2017 à 20:29  •  Albums  •   1 view

Elle est certes sortie il y a un peu plus d’un an, mais un petit retour en arrière sur cette pépite pop 60’s mérite toute notre attention. Une occasion de découvrir un groupe qui en est déjà à sa troisième sortie, renouant de plus en plus avec un passé aux rêves d’utopie.

Un matin où tout va bien, Japon. Sorti de la douche, un soleil bienvenu m’octroie des belles pensées de liberté, alors qu’en arrière-fond, un rythme inconnu se profile. Mon amie Tomoko a lancé sa playlist de rock « made in UK ». Je reluque l’engin : ‘Hissing my Plea‘ de Quilt. Pas la moindre idée de sa signification. Mais la légèreté de ces notes me transporte comme rarement une musique sait le faire. Voici la pop que j’aime, la douce nostalgique.

Connaître un groupe dans un contexte particulier, voici toujours un bonheur irremplaçable et difficile à expliquer à travers des mots justes ! Sauf qu’en l’occurrence, cette découverte va bien au-delà des simples mémoires personnelles : il me faut la partager. Je me trouve alors un moment sur la route, un jour de pluie, pour vous pondre quelques mots sur ce sujet pour le moins réjouissant.

La synthèse d’une pop insulaire

Bien qu’à l’aura tant reconnaissable des années psychédéliques européennes, Quilt n’aurait aucun lien avec la royauté anglaise. Il aurait vu le jour à Brookline, dans le Massachusetts. Et comme il est inutile de vous rappeler que les frontières spatio-temporelles de la musique sont un concept des plus archaïque inventé par l’insondable frustration de puristes aigris et mentalement cloisonnés, Quilt répond à cela d’un ton paisible, envoie paître l’assemblée et prend magistralement place dans cette somptueuse mouvance bigarrée, au renouveau flirtant avec l’expérimental.

Un petit détour par le label en dit souvent plus que l’entière description Wikipédienne : Mexican Summer, maison new-yorkaise, accueille notamment des artistes tels qu’Allah-Las, Connan Mockasin, Washed Out, Wooden Shjips et Kurt Vile. C’est dire la belle brochette de talents que s’octroie cette agence au nom approprié. Inondé par la chaleur, grisé par la route, c’est ce que l’on ressent à l’écoute de noms tels que ces derniers. Je vous laisse alors un peu mieux situer Quilt, plantant sans gêne leurs Jalapeños dans du pudding acide pure souche.

« Plaza »

Troisième œuvre, troisième réussite, tant technique qu’émotionnelle. Sorti en février 2016, l’album enfonce d’avantage le clou que ces prédécesseurs dans le bois 60’s. Des modulations de cordes pincées et des voix oniriques s’agencent parfaitement à travers les quatre membres du groupe, dont Anna apporte la touche qui sublime le tout. Cela nous rappelle sur le coup une certaine légende d’autrefois, du nom de Grace Slick. ‘Passerby‘ en est le parfait exemple et annonce la couleur en introduisant l’album.

Un véritable voyage d’inspiration débute alors. Alors que ‘Searching For‘ surfe sur des bases garages de Cream et des Yardbirds, ‘O’Connor’s Barn‘ et ‘Eliot St.’ rejoignent sans hésitation les vibrations et accords pop à la Beatlesienne. Et Pink Floyd dans tout ça ? ‘Padova‘ s’en charge et fait honneur aux premières années du groupe, tout en émanant ces notes dream, propre à la touche Quilt. L’album se termine alors sur le duo ‘Your Island‘ et ‘Own Ways‘, baissant premièrement sur des notes d’acid folk pour ensuite reprendre la route à la cadence Pulp Fiction. À ne certes pas oublier le coup de coeur ‘Hissing my Plea‘, énoncé auparavant. Picotements dans la nuque.

Mais il ne sert à rien de comparer indéfiniment. Si cela peut certes aider à trouver des points de repère, l’âme de l’oeuvre prend seulement forme à l’écoute. Il s’agit de créations uniques et sempiternelles, rejoignant toutes celles qui ont vu le jour depuis que le premier rêveur de riche banlieue s’est roulé un joint et, les yeux tournés vers le ciel, a branché sa guitare.

L’entier de l’album « Plaza » est à l’écoute sur la page bandcamp du groupe.

À bientôt sur la route.

 
 
Auteur:

 

Malvin

Par une douce nuit de Printemps, je m’engouffrais dans une pénombre magnétique. De là retentissaient de faibles vibrations, profondes, vraies. Dès lors, je n’ai cessé de traquer l’essence de cette musique. La bête me menait de voyages en découvertes, au milieu d’une vibrante atmosphère aux aspects dub, électro, rock psychédélique…

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