Quand Ludovico Einaudi fait vibrer le Stravinsky

ClairePar Claire  •  18 Nov 2016 à 10:44  •  Live  •   4 views

Loin de l’ambiance agitée et festive du Montreux Jazz Festival, le Stravinsky affiche malgré tout complet en ce jeudi soir 10 novembre.

Installée tranquillement dans le hall à déguster une planchette apéro, l’atmosphère est accueillante et chaleureuse. Certains se sont mis sur leur 31, comme il était de mise il y a encore quelques années dans un tel lieu, alors que d’autres sont simplement venus sans contraintes vestimentaires. Toutefois, tous attendent impatiemment que les portes ouvrent pour découvrir le grand virtuose Ludovico Einaudi.

Pressée de savoir si j’ai choisi les bonnes places quant à la disposition du piano, me voilà surprise de découvrir le pianiste dos à la scène offrant ainsi à tous le plaisir d’assister à la prouesse de ses doigts. A sa droite, violoniste, guitariste et violoncelliste assurent la partie « orchestre classique ». Alors qu’à sa gauche, deux musiciens dirigent chacun un set d’instruments plus surprenants les uns que les autres. Cette première partie me fait découvrir un panel de sons haut en couleur. Les jeux de lumière projetés en arrière-scène apportent un côté futuriste qui contraste avec une musique classique vieille comme le monde.

Un moment exquis de piano solo

Après cette première introduction-découverte, ses compagnons s’éclipsent pour laisser place à un intermède solo attendu par tous. Avec la douceur et l’élégance qu’on lui connait, le pianiste se met à jouer, à caresser les touches donnant parfois l’impression d’improviser et de rechercher des sons. Et pourtant, tout est parfait ! Einaudi poursuit avec des compositions plus graves, plus profondes et plus puissantes. Et pour le plus grand bonheur de tous, il conclut cet épisode solo en interprétant ‘Una Mattina, le titre incontournable du film Les Intouchables. Même en solo et dos à son public, l’artiste a cette force de vous embarquer sur son bateau sans remous.

Quand classique et musique expérimentale ne font plus qu’un

Le retour de ses musiciens annonce une suite assez particulière. Avec des instruments d’un côté classiques et de l’autre bien plus excentriques, l’artiste propose un mélange sonore plutôt expérimental. Ces sons étonnants se baladent entre le rock et le classique. Du tambourin au xylophone en bois, en passant par une plaque de métal plongée dans l’eau et utilisée comme un gong, le voyage est exotique! L’harmonie reste et la musique n’est plus que douceur et émotions mais se transforme en quelque chose d’intéressant qui égaye la curiosité.

En exploitant ce côté minimaliste avec élégance et ouverture, Ludovico Einaudi offre une musique palpitante, séduisante et même parfois méditative et introspective. La timidité et l’humilité dont il fait preuve sur scène, n’impactent en rien l’immense générosité avec laquelle il nous fait voyager. Un moment musical qui me laisse curieuse et rêveuse!

 
Auteur:
Claire

Réveillée depuis petite par un papa qui presse « play » dès le réveil, j’avais deux options : détester la musique ou la chérir. J’ai choisi la seconde. Depuis, elle ne me quitte plus et berce mon quotidien.

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