Piers Faccini: « J’adore produire des projets dont je tombe vraiment amoureux »

AlexPar Alex  •  26 Avr 2015 à 08:00  •  Interviews  •   0 views

Nous avons discuté du rôle de l’amitié dans la composition musicale avec Piers Faccini. Ce guitariste britannique aime tellement les rencontres.

Piers Faccini n’est pas un inconnu de notre rédaction, comme vous avez pu le découvrir dans la  chronique de l’album « Songs Of Time Lost ». Il est d’ailleurs venu le présenter avec Vincent Segal au Cully Jazz Festival 2015.

À titre personnel, je l’écoute depuis le disque « Leave No Trace » sorti en 2004. Il fait partie de la famille des musiciens qui m’accompagnent depuis bien longtemps. J’ai été très heureux d’avoir pu le rencontrer le 18 avril dernier entre deux concerts.

D’autant plus que l’interview s’est faite de manière très spontanée. Ainsi, j’ai dû patienter qu’il termine une entrevue avec une chaîne de radio nationale. Il finit enfin et nous parlons immédiatement du plaisir qu’il éprouve à jouer en acoustique. Nous nous sommes ensuite installés sur le canapé du lobby de l’Auberge du Raisin pour poursuivre l’entretien.

Le contact profondément humain comme avec Vincent Segal est-il important dans tes collaborations ?

Évidemment, car je ne collabore pas avec tout le monde. J’ai rencontré Vincent il y a vingt-cinq ans. Ce qui rend notre collaboration très facile et agréable. Avec Dom La Nena, la rencontre s’est faite tout à fait différemment, elle m’a notamment fait écouter ses maquettes violoncelle-voix et j’ai adoré. C’est pourquoi je lui ai proposé de produire son premier disque. Je l’ai même invitée à venir enregistrer chez moi.

À partir de là, j’ai suivi son évolution artistique et le processus de « mise au monde » de l’album « Ela ». À côté de cela, j’ai également utilisé tout mon réseau pour lui ouvrir des portes. Il faut dire aussi que Dom a joué pendant un an dans mon groupe. On s’aime vraiment bien. Ce besoin de collaborations ne date pas d’hier car je tourne habituellement en duo avec un batteur. Cette conversation à deux est très intéressante pour la scène.

Tu nous parles de ton attachement pour les collaborations, pour le format duo. Existe-il une rencontre avec un musicien qui t’a particulièrement marqué ?

Je pense que Vincent est la rencontre la plus marquante. Parce que nous jouons encore ensemble après vingt-cinq ans et qu’il a surtout réalisé mon premier album solo. À l’époque, je travaillais encore à Londres et j’écrivais pour le Channel 4 de la BBC. A ce moment déjà je le faisais venir pour jouer sur mes compositions. C’est quelqu’un d’extrêmement important pour moi.

Plus qu’un musicien avec qui tu joues, c’est surtout un ami ?

Oui, car nous avons grandi et découvert des choses ensemble. J’ai vu ses enfants naître et il a vu mes enfants naître. C’est une amitié très forte.

Tu es également actif en tant que musicien dans certains projets. Actuellement, tu joues par exemple aux côtés de Jenny Lysander. As-tu parfois besoin d’être en retrait en donnant l’opportunité à quelqu’un d’autre d’être sous les feux des projecteurs ?

Avec Jenny, le rôle est similaire à celui que j’ai endossé avec Dom. J’arrange son premier album («Northern Folk »), je le produis, je joue sur tous les morceaux, je fais les chœurs et nous faisons même un duo où je mets également ma voix en avant. C’est chouette de pouvoir le faire ainsi et ça marche bien pour la promo des artistes qui ne sont pas encore connus (Rires). La production est quelque chose qui m’intéresse beaucoup.

Aujourd’hui encore plus, alors que j’ai quarante-cinq ans et que j’ai déjà sorti quelques albums. Par ailleurs, j’adore vraiment prendre le back-seat. Autrement dit, j’aime me retirer derrière le talent d’autrui et le regarder s’épanouir. C’est extrêmement intéressant de produire un premier album. Le producteur a un rôle de confiance qui est essentiel pour un artiste débutant dans le milieu. D’autant plus qu’au début d’une carrière il n’y a pas encore quelconque problème d’ego. C’est la musique, la confiance et la complicité avant tout ; une belle fraîcheur. Généralement, dans mon cas, cela s’est très bien passé.

C’est pourquoi j’adore produire, de temps en temps, des projets dont je tombe vraiment amoureux. Et puis j’ai monté mon propre label (Beating Drum Records) donc c’est quelque chose de normal à présent. Cela me permet ainsi de défendre les particularités de cette entreprise très familiale. Car nous formons une famille avec tous les artistes de mon label. Actuellement je travaille à la publication des projets de Yelli Yelli, Jenny Lysander, Rose Dream et ma musique évidemment.

Tu es hyperactif ?

(Rires) Ouais ouais pas mal, c’est vrai. Aujourd’hui (18 avril), j’ai également sorti un maxi-vinyle de quatre nouveaux morceaux pour le Record Store Day. Voilà.

Alex

De Brel à Fink en passant par Louis Armstrong et Sigur Ros, voilà ceux qui me marquent et touchent. La musique doit être un voyage, un envol et un rêve. Réveiller l’âme. Veiller l’être. Dévoiler le cœur.

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