Nox Orae 2015: Goat embarque son monde

OlivierPar Olivier  •  30 Août 2015 à 21:08  •  Live  •   4 views

Après une première soirée sympathique, mais qui nous a surtout emballées grâce au gros set de Fuzz, celle d’hier nous a davantage séduits. Les Suédois de Goat n’y sont pas innocents.

Photo : Aucune image du Nox Orae étant disponible, celle présente ici est tirée du concert de Goat au Pukkelpop, il y a quelques semaines.

C’est avec le shoegaze ouvert à la dream pop de Vaadat Charigim que nous avons débuté ce samedi soir. Textes en Hébreux, mur de son imposant, si le show était surtout sonore, les Israéliens ont su séduire et lancer efficacement les festivités.

Actifs depuis plus de vingt ans, le quartet Deerhoof a, lui, fait écarquiller les yeux à bon nombre de gens. Il faut dire que leur noise pop est faite de rythmes décousus, de hurlements de six cordes et du chant haut perché de Satomi Matsuzaki. Cette dernière aura d’ailleurs passé quasiment tout le concert à sauter et danser, avant de faire chanter ‘Come See the Duck‘ au Parc Roussy en guise de final. Au vu de la structure du morceau, il fallait oser, mais le pari fut atteint. Respect.

En conclusion et en tête d’affiche la plus attendue de cette sixième édition, Goat n’a pas manqué le coche. Révélation psychédélique depuis son album « World Music », sorti en 2012, le groupe masqué a retourné bien comme il faut le festival avec des interprétations à rallonge de plusieurs de ces gros morceaux (‘Talk to God‘, ‘Goat Man‘, ‘Let it Bleed‘, …). Ralentissant le tempo sur certains (‘Gathering of Ancient Tribes‘, transformé en trip à haute valeur en percussions), s’offrant de longues jams sur d’autres, le combo a démontré toutes ses capacités à faire évoluer ses compositions au gré de l’inspiration du moment.

On aura remarqué les longs dialogues par guitares interchangées, on retiendra également que si la basse a déjà une place fondamentale sur disque, elle prend une tout autre dimension sur scène, embarquant tout le monde dans son sillon, entre funk et heavy. Dans un autre registre, on notera aussi que ‘It’s Time for Fun‘, single du prochain opus, sonne foutreusement bien en live et que la bande sait tout à fait envoyer du heavy « traditionnel » de qualité, l’imposant rappel en est une preuve.

Goat, la manière la plus appropriée de conclure ces deux soirs de festival. Deux soirs qui nous ont, une nouvelle fois, confirmé le bon goût et le sérieux de l’organisation. De quoi en faire, une bonne fois pour toutes, un immanquable du calendrier estival.

Olivier

Défenseur du rock’n’roll, expert en prix de l’essence, fanatique de la Sainte-Boisson et éternel admirateur de Yannik Paratte.

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