Montreux Jazz 2017: Peter Broderick en demi-note

AlexPar Alex  •  12 Juil 2017 à 17:17  •  Live  •   5 views

Peter Broderick est la première déception de la 51ème édition du Montreux Jazz Festival. Ses albums sont beaux, mais sa présence scénique n’était pas convaincante hier soir. Je prends une moitié du concert. L’autre, je la jette. Et je partage quelques fragments d’une soirée contrastée.

Photographie: © 2017 FFJM – Sebastien Toulorge

Se promener au soleil, en badaud, l’oreille avide de sonorités et s’installer devant la scène de Music In The Park. Et découvrir le groupe français Octave Lissner et ses riffs funky. C’est aussi cela le plaisir du Montreux Jazz.

Jeter un œil aux alentours. Observer les festivaliers qui rient, draguent et filment. Deux filles et leur mère font un selfie devant moi. Deux amis suisses allemands discutent à ma droite. Ils pointent une femme au t-shirt bleu au milieu de la foule assise. Elle danse sans gêne. Un homme plus âgé dandine sa tête au coin du bar plus au fond de la foule. Et puis soudain le public se lève à la demande du chanteur. Le groupe reprend un morceau des Rolling Stones.

Plus tard, l’ambiance devient à nouveau plus feutrée au Fairmont du Montreux Palace. Peter Broderick porte une chemise bûcheronne, tire un câble et s’installe enfin au piano.

Au bout de trois morceaux, une pensée me traverse l’esprit: il n’exploite pas assez sa voix. Il n’y a qu’une seule composition où il s’amuse à superposer des nappes de voix avant de les accompagner au piano avec maestria. C’est si dommage.

Il chante ensuite ‘Bellow It’ de l’album “Home“. Sa voix éclate, limpide ou caverneuse.

Il se lève soudain en chantant. Il descend de la scène et cherche l’acoustique de la salle. Il s’assied dans le public : léger malaise lorsqu’il rampe sous le piano en remontant derrière son instrument.

Il s’empare par la suite du violon pour deux morceaux. L’un qu’il a composé pour le mariage d’un ami. L’autre qui est une reprise.

Une jeune femme dit : “Je lui laisse encore une chance.“ Puis elle baille à la fin du morceau. Une dame plus âgée chantonne pourtant à côté de moi à plusieurs reprises, s’émerveille. Mais elle part avant tout le monde.

Peter Broderick reprend enfin un morceau de John Cage. Il précise qu’il apprécie particulièrement ce compositeur contemporain parce qu’il a “fait autre chose“. Ses doigts glissent sur les touches et vibrent au moment de les lâcher.

Il termine a cappella. Et je repars à moitié convaincu. Il y a quelque chose d’incomplet dans son concert. Comme s’il avait un peu montré ce qu’il sait, sans se dépasser.

Je retourne un peu déçu à la maison. Je me contenterai de réécouter ses albums, complets eux.

 
Auteur:
Alex

De Brel à Fink en passant par Louis Armstrong et Sigur Ros, voilà ceux qui me marquent et touchent. La musique doit être un voyage, un envol et un rêve. Réveiller l’âme. Veiller l’être. Dévoiler le cœur.

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