Montreux Jazz 2017: Une 51ème édition qui se veut ouverte

OlivierPar Olivier  •  31 Mar 2017 à 10:05  •  Live  •   4 views

Hier matin, c’est après une escapade dans la bucolique campagne broyarde que nous avons pu assister au dévoilement de la programmation du cinquante et unième Montreux Jazz Festival. Et si certains ont pu se plaindre du manque (relatif) de têtes d’affiche XXL, des découvertes et moments majeurs se détachent sitôt que l’on s’attarde à fouiller un tant soit peu le programme.

Vous l’aurez compris, nous laissons le soin aux médias plus importants et généralistes que nous de vous annoncer les gros noms. Ils vous rappelleront assurément à quel point Usher & the Roots est un concert à noter dans votre agenda, pourquoi « Pet Sounds » est l’un des plus beaux albums de tous les temps et que ne pas vivre Brian Wilson en live sur la scène du Stravinski serait criminel mais aussi que la venue de Ms. Lauryn Hill est (du moins à l’heure actuelle) une exclusivité totale que propose le festival montreusien.

De notre côté, nous préférons vous évoquer les dates que l’on retient dans tout le reste. Et il y en a pas mal. D’autant plus que, pour la première fois, la manifestation écartera ses frontières pour huit prestations extra-muros. Une volonté nouvelle d’offrir des concerts d’exceptions dans des lieux d’exception tels que l’Abbaye de Saint-Maurice, les deux palaces de Montreux ou le château de Chillon. Le Festival Antigel aurait-il déteint sur le Montreux Jazz ? Peut-être. « C’est vraiment un test cette année, voir comment ça marche » nous confie David Torreblanca, co-programmateur du Lab, lors d’un moment d’échange. « Si une formule comme le Montreux Jazz ouvrait aujourd’hui, elle coulerait le jour d’après. Nous, on a l’histoire et on doit se différencier. On a vraiment envie que les gens écoutent de la musique. J’adore les open-airs, mais ce n’est pas du tout la même chose. On y va dans un autre état-d’ esprit. On veut vraiment se différencier en proposant ce genre de moment. » Ce qui est, en tout cas, sûr c’est que notre Alexandre sera ravi de la venue d’Albin de la Simone le 10 juillet et que Ry X a vraiment plu à l’organisation puisqu’il sera de retour un an après son dernier passage en terres vaudoises.

Maître mot: plateaux

Autre nouveauté, le festival tend désormais davantage à créer un lien entre le Stravinski et le Lab comme nous l’a confirmé David Torreblanca. Et si, pour certains, cette démarche semble surprenante et appelle à pointer du doigt un manque de têtes d’affiche connues de toutes et tous, l’initiative n’est pas un « cache-misère » mais une volonté d’optimiser les expériences proposées au public, avec comme maître mot celui de « plateaux ». « On travail toujours en plateaux, ce qui est normal, car nous ne sommes pas un open-air » explique David Torreblanca. « Les gens viennent chez nous pour voir un truc, un plateau. Ils paient un certain montant, donc il faut que ce soit unique. C’est ce qu’on essaie de construire et ne pas faire quelque chose que tu peux voir à gauche à droite, mais de rassembler des artistes qui ont des couleurs un peu similaires. »

Une obsession plus que louable qui fait la force du MJF, mais qui implique souvent de se livrer à un exercice qui s’apparente à du jonglage. Pour prendre un exemple concret, la remarquée Solange était, ainsi, d’abord sensé se produire sur la scène du Lab avant d’être déplacée à la grande salle avec les présences confirmées du prodige Sampha et d’Erykah Badu. Un plateau de choix et un exemple parmi d’autres de l’ouverture nouvelle du lieu.

Adieu Rock Cave, bonjour Lisztomania!

La soirée d’ouverture alliant Max Richter et Nicolas Jaar en est un autre. Tous deux maîtres-artisans du son et de ses textures, on peut facilement imaginer que l’Auditorium fera le plein. Le Lab également d’ailleurs, puisque le même soir auront lieu les concerts de Jacques et de Alt-J pour ce qui est la combinaison la plus originale de cette 51ème édition. Parfaitement cohérente en revanche, celle de la triplette downtempo (et tous en live) Romare, Superpoze et Bonobo qui s’annonce particulièrement savoureuse et dont on se réjouit de découvrir le dernier-nommé nous présenter « Migration » sur scène.

Concernant le rock émergent, il sera cette année un peu moins représenté et il faudra attendre le programme de la Lisztomania (ex-Rock Cave) et, plus généralement, du festival off pour repérer des noms du milieu. « Ce nouvel espace nous permettra de proposer des artistes de musique plutôt de niche et qui méritent vraiment d’être connus » nous confie encore le programmateur. S’il faudra attendre le 1er juin pour connaître la liste des artistes programmés, nous pouvons d’ores et déjà compter les Belges Warhaus, qui nous ont offert une intense performance lors de la conférence de presse d’hier.

On retient néanmoins une soirée rock qui promet au Lab, celle regroupant Slaves, Royal Blood et les Lemon Twigs, frères de dix-sept et dix-neuf ans soutenus par Sam France de Foxygen et qui intriguent avec leur pop baroque on ne peut plus kitsch. Autre rendez-vous attendu par la rédaction: les confirmés Tinariwen et Michael Kiwanuka partageront aussi la scène quelques jours plus tard, pour une soirée axée sur le blues et les sonorités du désert tout en proposant un des meilleurs albums de 2016 pour le second (« Love & Hate ») et une belle surprise de 2017 (« Elwan ») pour les premiers.

Enfin, LA soirée que l’on attend le plus. Le retour de Fleet Foxes par chez nous aura bien lieu et sera pour le 4 juillet. Le bonus inattendu nous vient du début de la soirée avec les concerts de Hamilton Leithauser et, surtout, de Kevin Morby, coup de coeur de votre serviteur depuis longtemps et l’un des meilleurs concerts de 2016 pour une partie de la rédaction. L’immanquable de cette édition pour nous, on vous aura prévenu.


Programmation complète et billetterie sur le site officiel du Montreux Jazz Festival – 30 juin au 15 juillet 2017

 
Auteur:
Olivier

Défenseur du rock’n’roll, expert en prix de l’essence, fanatique de la Sainte-Boisson et éternel admirateur de Yannik Paratte.

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