Mac DeMarco et Juan Wauters à la Rote Fabrik

JorrisPar Jorris  •  15 Déc 2014 à 16:18  •  Live  •   5 views

Écrit par Dimitri Marincek

C’était il y a quelque temps à Zurich le premier concert en Suisse de Mac DeMarco, étoile montante du rock indé, et on n’a pas regretté le voyage…

Autant le dire d’emblée, j’adore Mac DeMarco. Il y a plusieurs mois, il m’a fait vraiment reprendre plaisir au rock avec son mélange de funk, soul et une bonne dose d’humour qu’il appelle lui-même du nom raffiné de « Jizz Jazz » (en français « jazz sperme » donc, hein).

Cela étant dit, retour au concert de ce cher Mac, où la première partie était occupée par un gus’ du nom de Juan Wauters. Ce n’est pas un hasard si on l’a choisi pour la première partie, car niveau gag, il lui tient la dragée haute avec son accent espagnol (il est uruguayen) et son folk à la limite légale du foutage de gueule. Les dents en avant, un col roulé noir et un chapeau de pêcheur à la mouche, il fait des génuflexions vaguement hispaniques avec sa guitare acoustique. Ça marche bien en album, du coup on est un peu déçus qu’il ne joue pas ses plus belles chansons (‘Water’ ci-dessous).

Mais ce n’est qu’une première partie et la suite a largement dépassé nos attentes.

Avec une salle pleine, preuve de son succès récent, Mac est tout de suite dans le personnage du showman. Il joue des écarts entre sa voix grave de crooner et des cris stridents de pucelle, aligne les bières et fait le couillon avec ses potes. Vieux bonnet, jeans délavés retroussés et paire de Vans, il cultive son image d’antihéros, celle du « slacker » américain (voir film de 1994 du même nom).

Entre les chansons, on a droit au générique de la famille Adams, à une invitation sur scène de son compère Juan pour une reprise du ‘Jammin’ de Bob Marley, celui-ci improvisant sur la fin probable de la soirée: vomir dans un taxi à Barcelone. Pourquoi pas ? Nous aussi on vomirait volontiers avec vous dans un taxi catalan, les mecs.

Et la musique ? On s’éloigne, non ? Non, justement, elle était excellente, mais j’ai pensé que vous préféreriez éviter mes descriptions foireuses. Oui, Mac est doué, à la guitare comme à la voix. Il rajoute des solos de guitare par hasard à la fin d’une chanson. « C’était plus pour me faire plaisir à moi qu’à vous, les gars », qu’il dit, et on veut bien le croire.  À force de parodie, ce farceur aura acquis une confiance en soi, une voix, une maîtrise musicale de haut vol. Il peut se permettre d’en rajouter des tonnes. La preuve à la fin avec le rappel. Torse nu, t-shirt à l’envers sur la tête, c’est le bouquet : une reprise du Enter Sandman’ de Metallica.

Je vous laisse imaginer la scène. Et je vous assure que c’était glorieux. Forcément.

Jorris

Personne ne sait véritablement ce que je fais dans cette rédaction à part râler sur Yannick. Sinon, j’attends le comeback d’Elvis Presley.

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