Lior Shoov, une lumière venue d’ailleurs

AlexPar Alex  •  1 Mar 2016 à 12:00  •  Découvertes  •   13 views

Où se trouve la limite entre théâtre et musique ? C’est la question que pose un concert de Lior Shoov. Elle a été partiellement élucidée du côté du Théâtre de Poche de Bienne.

Lior, c’est lumière en hébreu. Elle s’appelle Lior Shoov et s’apprête à monter sur la scène du Théâtre de Poche de Bienne en ce 18 février 2016 dans la programmation intéressante des Spectacles français. Il y a des instruments en désordre sur les planches : une guitare acoustique miniature, un charango andin, un hang suisse, des sonnettes colorées – qu’elle jouera avec les pieds, deux kalimbas africains, des kartals du Rajasthan, toutes sortes d’objets étonnants et même un jouet pour enfants – celui qui emet des sons d’animaux. Une chaise se trouve au milieu de cette montagne d’originalité et une seule lampe pend par dessus la scène.

Qu’arrivera-t-il à la cinquantaine de personnes patientant dans un charivari de voix timides ? C’est l’inconnu. Je n’avais entendu qu’un morceau de Lior Shoov et elle n’a enregistré aucun album jusque-là – ce qui a changé depuis, puisqu’elle allait en studio le lendemain comme elle me l’a dit à la fin du concert. Les discussions résonnent contre les arches de ce caveau charmant en pleine vielle ville de Bienne alors que la lumière s’éteint progressivement et laisse place à l’artiste. Les discussions se taisent et apparaît une femme qui s’étire avant de dire une quelconque parole.

Concert ou théâtre ?

C’est parti. Elle choisit d’entrée sur scène avec un solo de kalimba, et je ne sais pas du tout où cela finira. Les instruments entassés ici et là sur la scène peuvent soit déboucher sur une surprise ou soit sur un désordre inaudible. Je vous rassure et vous confie évidemment que le spectacle penche assez rapidement vers une découverte haute en couleurs – sinon je n’aurais pas écrit d’article, je vous l’accorde, encore moins dans la rubrique Trouvaille.

La magie opère complètement entre rires et émotions à la suite de ‘Caresse my skin’. Lior Shoov impose une rythmique quasi pop song sans pour autant tomber dans la facilité puisqu’elle s’accompagne alors d’un kalimba et chante, le sourire aux lèvres.

Elle s’engouffre également dans quelques improvisations étonnantes comme avec ce fameux jouet pour enfants. Elle improvise notamment un rap délirant en utilisant les sons des animaux comme des samples. C’est hilarant ! La salle se régale. Même si elle frôle à ce moment-là une facilité qui aurait pu changer la donne et pencher vers le désordre inaudible.

Elle va même jusqu’à inviter un spectateur pour l’aider à chanter une improvisation en utilisant seulement trois baguettes colorées – encore non identifiées à ce jour – et dont une plus grande servira à imiter le son du vent dans un prochain morceau. Mais elle sait arrêter au bon moment et changer radicalement d’univers d’un morceau à l’autre. Ainsi elle sait aussi plonger tout le public – au point de déclencher des soupirs de bien-être chez un spectateur à côté de moi – dans une intimité mélancolique évoquant les sœurs Casady de CocoRosie avec ‘Entering’. C’est touchant, vraiment.

La créativité n’a pas de limites

Tout au long de la prestation, je ne sais pas si j’assiste à un concert de musique ou à un spectacle théâtral. Cette indécision est une grande première pour moi et c’est plutôt agréable, d’autant plus qu’elle fait toute la particularité de Lior Shoov.

Cette dernière trouve en effet le moyen de mêler humour et sentiments, théâtre et musique, expérimentations sonores – en tapant partout en rythme à la manière de l’inimitable Camille – et mélodies entraînantes sans que cela ne perturbe sa capacité de basculer d’un instrument à l’autre avec une facilité assez déconcertante.

Lior Shoov était une étincelle de passage au Théâtre de Poche de Bienne et, j’espère, que vous aurez l’occasion d’avoir les yeux pétillants devant cette boule d’énergie venue d’ailleurs.

 
Auteur:
Alex

De Brel à Fink en passant par Louis Armstrong et Sigur Ros, voilà ceux qui me marquent et touchent. La musique doit être un voyage, un envol et un rêve. Réveiller l’âme. Veiller l’être. Dévoiler le cœur.

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