Les Todos et Fribourg célèbrent leurs noces de verre

LouisPar Louis  •  8 Mai 2017 à 16:30  •  Live  •   3 views

Inversant la tradition qui veut que ce soient les invités qui offrent un cadeau, les Todos présenteront au public un nouvel EP. Anniversaire, vernissage, panorama de la carrière du groupe et surtout jolie soirée où ça va bouger.

Si t’es Fribourgeois et que t’as été jeune dans les années 90, comme beaucoup d’autres il y a des chances que tu t’essayais, avec plus ou moins de succès, au skateboard, et comme beaucoup d’autres, il y a des chances que t’aies succombé à la déferlante ska punk. Et puis le nouveau millénaire s’est ouvert. La vie sérieuse s’approchait, il a fallu ranger ta planche et troquer des t-shirts Volcom contre une chemise bien repassée. Mais tout le monde n’a pas suivi ton chemin : en 2002, une bande de copains du district de la Glâne se sont dit qu’ils avaient le choix, qu’ils pouvaient tout aussi bien se mettre derrière le micro, un peu par amour du son, un peu par idéalisme – depuis, ils ne se sont jamais départis d’un sympathique ton engagé.

Ces copains, ce sont les Todos Destinos. 15 ans plus tard, ils sont toujours là. Si un lecteur Genevois sourira narquoisement en jetant un œil à leur nombre de fans sur Facebook, la statistique ne saurait rendre justice à l’attachement des Fribourgeois au groupe. On peut prendre à témoin leur concert donné à Fri-son en 2012 pour les dix ans du groupe, devant un public serré et euphorique. C’est que leurs amis de la première heure les ont suivis et continuent de les suivre, mais à ceux-ci se sont entre temps joints leurs cadets, qui ont en général atterri dans un de leurs concerts en terres fribourgeoises par hasard et qui en sont sortis avec, en plus d’une gueule de bois, le souvenir d’une soirée exceptionnellement chaleureuse et un attachement sentimental aux Todos. Moi, par exemple, c’était au Nouveau Monde, en 2011.

Les Fribourgeois aiment les Todos, et ceux-ci le leur rendent bien, comme ils le disaient dans un interview avant leur dixième anniversaire :  « Les publics fribourgeois et glânois ont une place privilégiée dans notre cœur. » 15 ans de Todos, c’est 15 ans d’idylle amoureuse entre une région et son groupe de ska, et comme toutes les histoires d’amour, elle a peut-être l’air niaise vue de l’extérieur, mais même les cousins éloignés ont envie de se pointer aux noces de verre, parce qu’ils savent que ça va picoler, que ça va danser, et que la fête va être belle.

Préparant cet anniversaire consciencieusement, les Todos Destinos s’installeront sur scène avec un nouvel EP. Pour autant, comme le précise le chanteur Leo, « ce sera plus un anniversaire qu’un vernissage. » Le trois-pistes, encore inédit, sera empreint d’une certaine nostalgie, une de ses chansons évoquant notamment des heures difficiles vécues par les membres du groupe, tout en s’autorisant une liberté de composition rappelant involontairement les débuts impétueux du groupe. Mais l’esprit sera évidemment aussi aux réjouissances et à la fête, et on peut compter sur la tête d’affiche, Los Tres Puntos, pour y contribuer. La présence des Français aux côtés des Glânois semble toute appropriée pour un concert-anniversaire, puisque les deux formations ont à plusieurs reprises partagé des affiches ici et là, un plaisir pour les Romontois qui se passaient déjà leurs morceaux avant de sortir leur propre premier disque. « Ils faisaient même partie de certaines compils sur CD que l’on écoutait dans une petite caravane derrière la maison chez moi« , se souvient Leo, un sourire aux lèvres.

 

Los Tres Puntos (FR) + Todos Destinos
Samedi 13 mai · Fri-son (Fribourg) · 20 frs · Portes 20h

 

Puisque l’ambiance semble être au serein rappel des souvenirs, on a aussi demandé au chanteur de nous confier les moments les plus forts qui ont essaimé la carrière du groupe.

Avec les Todos, c’était quoi le moment le plus…

…drôle?
Une fois, lors d’un concert aux Mosses, Martin (le batteur) et moi n’avions, le soir précédent, absolument pas dormi car nous avions eu un concert dont l’after s’était plus qu’éternisée. Les autres nous ont donc récupéré et emmené de force avec eux pour le concert aux Mosses. Martin était irrécupérable mais on avait réussi à le mettre derrière sa batterie. Soudain, vers la troisième chanson, je n’entends plus la batterie et me retourne vers Martin qui était en caleçon, debout, les bras en l’air et qui hurlait : « Wouaaaaaaaaaaa! » On a jamais su pourquoi et lui non plus je crois.

…gratifiant?
A titre personnel je suis surtout fier du chemin parcouru – c’est un peu confucéen. C’est à dire : nous sommes des amis, non-professionnels, qui depuis 15 ans arrivent à se voir et faire de la musique ensemble et à garder ce socle amical fort. On a pas besoin de forcer pour créer un story-telling, et se dire que cela fait plus de la moitié de ma vie que je fais ça est un peu fou à mes yeux.

…difficile?
Début 2014, nous avons traversé une phase où je trouvais qu’on était un peu « suffisant » et qu’il fallait réellement se poser la question de savoir pourquoi est-ce qu’on fait ça (tant à titre personnel que le groupe entier). Il fallait un peu réfléchir à où on voulait aller. C’est un moment qui m’a particulièrement marqué parce que je me posais beaucoup de questions et le reste du groupe y a répondu de la plus belle des manières, en se remobilisant et en composant un album.

…où vous avez écrit le meilleur morceau?
Chaque membre du groupe aura une réponse différente. À titre personnel, il y en a une qui répond à ta question, c’est ‘Las Pinturas Negras‘ . Parce qu’elle est complètement barrée, impressionniste – elle m’a d’ailleurs été inspirée par les magnifiques Pinturas Negras de Goya qui m’ont retourné l’esprit et l’estomac quand je les ai vues. Elle est sombre, et très différente de ce qu’on avait fait jusque là. De plus, il est parfois difficile en tant que parolier de faire comprendre ses idées au groupe, particulièrement quand elles sont aussi conceptuelles, pour qu’elles se ressentent dans l’ambiance de la chanson; et pour celle-ci, j’ai senti que les autres ont tout de suite compris ce que je voulais y mettre comme si c’était une évidence. C’est vraiment une chanson à part pour moi.

…sur scène, qui te fait sourire quant t’y repenses?
C’était lors de notre concert pour les 10 ans du groupe. Lors de la dernière chanson du concert (‘On s’en balance‘), éminemment positive et optimiste, on a vu l’entier de la salle – soit environ 800 personnes – sauter en rythme comme une espèce de vague humaine jusqu’au fond de la salle de Fri-son. On en avait des frissons (héhéhéhé) dans le dos. Mais chaque concert offre ses moments particuliers, des instantanées irreproductibles.

…où t’étais le plus heureux de partager l’affiche avec un groupe?
Choisir est difficile, mais j’ai en tête la première fois qu’on a joué avec Jacko (aujourd’hui Jacko and the Washmachine), et il n’y a eu aucun round d’observation entre nous, c’était comme si on se connaissait déjà. Depuis c’est à chaque fois un grand bonheur de le croiser

 
Auteur:
Louis

Je recherche : une édition originale de l’EP éponyme de Medieval Steel en 12 ». Je propose : deux cannettes un jeudi à la Ruche. Eh ouais, l’expat’ fribourgeois n’a pas perdu ses habitudes langagières arrivé à Lausanne.

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