Les multiples facettes de Shanren

MalvinPar Malvin  •  14 Sep 2015 à 18:00  •  Chine  •   0 views

Rock, ska, reggae, guimbarde. Rares sont les groupes qui, dès le premier contact, marquent mes traits d’un large sourire. Il ne s’agit pas seulement d’une histoire de sonorité. L’énergie, la sincérité, la naïveté là sont les qualités dont je parle. Et la liste est loin d’être exhaustive.

Shanren, ou la bombe de l’Empire du Milieu. Littéralement « Hommes de la montagne », le quatuor est en réalité originaire de la province de Yunnan, dont les contes n’hésitent pas à peindre son aura de mystère et de beauté. Connus durant cet été au Paléo, ils ont été de ceux qui m’ont convaincu de la suprématie de cette scène au sein du festival, au côté des Mongols de Hanggai et de leur forte ressemblance auditive. Mais ma tâche n’en est pas là. Comment décrire leur musique avec des mots?

Les traits caractéristiques de la musique occidentale sont dans tous les cas bien présents. Ils en ont même fait leur fer de lance. Et pourtant : Des rythmes reggae basiques, des lignes de basses suivant la batterie sans grandes variations, des riffs de guitares propres, mais peu fournis. Au final, pourquoi donc en faire l’éloge ? De deux choses l’une : la marque d’une tradition et la naïveté d’une musique commune. La combinaison des deux apporte ceux que j’appelle la rare étincelle.

En effet, la place de la tradition chinoise est bel et bien présente et se heurte avec brio au courant de l’Occident. Le qinqin en est un parfait exemple, ce luth circulaire à manche long, ou la fameuse guimbarde, qu’on ne cite maintenant plus, magnifiquement représentée au Paléo avec Wang Li l’enchanteur. Cette touche incroyable de cordes pincées et de chants chinois sera un des éléments foudroyants, et je ne peux que me réjouir à la vue de cette myriade de groupes jaillissant les uns après les autres, alliant métissage géographique et temporel.

Leur message ? Pareil, il n’a jamais été aussi clair. Malgré leurs maigres connaissances linguistiques en anglais, dont les seuls mots intelligibles furent « Cheers » et « I love you ». Rien qu’à observer leur chorégraphie hautement pédestre, on ne peut que bouger aussi nos basses allures au rythme d’un ska sinisé et hautement énergétique. Quinze ans d’existence, et un vague pressentiment de jeunesse éternelle s’en sont finalement dégagés. Indubitablement, leur route continuera à naviguer entre Orient et Occident, au plus grand plaisir des bourlingueurs musicaux.

Malvin

Par une douce nuit de Printemps, je m’engouffrais dans une pénombre magnétique. De là retentissaient de faibles vibrations, profondes, vraies. Dès lors, je n’ai cessé de traquer l’essence de cette musique. La bête me menait de voyages en découvertes, au milieu d’une vibrante atmosphère aux aspects dub, électro, rock psychédélique…

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