John Moreland comme un son d’automne.

LauraPar Laura  •  24 Oct 2016 à 18:01  •  Albums  •   4 views

Assise dans le train, je laisse aller mes yeux à la redécouverte des paysages déjà parcourus des centaines de fois. Mes sensations se perdent au-delà de la nature automnale. La brume est immobile au pied du Jura. Les gens au-dehors profitent encore de la clarté du jour pour s’adonner à leurs activités extérieures, malgré le froid, malgré l’annonce de jours plus tristes.

C’est beau l’automne. C’est beau car notre cœur se brise à l’idée de dire adieu à la chaleur de l’été. On souffre à l’idée d’attendre les plaisirs que peut nous procurer l’hiver. Notre cœur se serre à l’idée de voir les jours se raccourcir. Et pourtant, l’automne séduit de ses couleurs éclatantes. Il nous offre des matinées teintées de nostalgie où brume et soleil se rencontrent. L’air y est tellement pur. La fraîcheur nous fouette mais nous redonne de l’éclat.

Cette sensation, je la ressens à l’écoute de John Moreland. Originaire de Tulsa, Oklahoma, l’artiste compose des titres d’une douce tristesse. Chercheur d’émotions, John Moreland nous prouve qu’une chanson triste ne se veut pas forcément plaintive. Elle peut se teindre de couleurs et faire place à l’imaginaire. Comme un paysage qui se dessine au loin dans la brume, l’américain nous amène dans un voyage discret, subtile. Ça nous brise le cœur parce que c’est beau.

Subtil voyage

Assise dans le train, je laisse aller mes yeux à la découverte de paysages que je pensais déjà trop bien connaître. Cependant, en voyant au loin les montagnes se dessiner, mes poils s’hérissent. La tranquillité dans laquelle je me trouve n’est nullement perturbée par des futilités qui pourraient rendre ce voyage désagréable. Comme une chanson triste de John Moreland, l’automne est un mélange de sensation. Cette sensation d’avoir vu des jours meilleurs, alors même qu’on jurait ne pas en avoir vu de plus beau. Ce sentiment de soulagement alors même qu’on vient de pleurer.

Alors je reste assise dans ce même train. Le temps passe, les paysages défilent mais ne se ressemblent pas. J’attends la fin du voyage sans vraiment être pressée. L’écoute de « High on Tulsa Heat » suffit à nourrir mon esprit qui, soulagé, est prêt à s’endormir.

 

« High On Tulsa Heat »

John Moreland

Old Omens
2015
 
Auteur:
Laura

Si nous étions censés rester sur place, nous aurions des racines à la place de nos pieds.

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