Joey Bada$$ – « B4.DA.$$ »

GlennPar Glenn  •  25 Fév 2015 à 12:29  •  Albums  •   0 views

Il est impressionnant de par son jeune âge et son talent à manier les mots. Joey Bada$$, c’est le savant mélange du rap 90’s avec les sonorités actuelles. Son premier album « B4.Da.$$ » (2015) est une franche réussite.

En écoutant ce début remarquablement assuré et versatile, il est difficile de croire que ce garçon de Brooklyn a seulement 20 ans. Joey Bada$$ possède des compétences bien au-delà de ses années ce qui explique son irruption sur scène en 2012 avec la sortie de sa mixtape « 1999″ (2012) qui a été téléchargée à plus de 2 millions de reprises. Après des tournées mondiales aux côtés de Wiz Khalifa, B.O.B., Kendrick Lamar, Schoolboy Q ou A$AP Rocky pour n’en citer que quelques-uns et une autre sortie de mixtape « Summer Knights » (2013) qui l’érigea comme pointure du moment, il a sorti son très attendu premier album « B4.DA.$$ » (2015) fin janvier dernier.

Malgré son blaze un peu gadget, l’auditeur est en présence d’un bon rap bien boom-bap aux soupçons hip-hop 90s, tournant un peu le dos à ce qui se fait actuellement dans le mainstream. Jo-Vaughn Virginie Scott de son vrai nom, a une vision claire de ce que c’est de grandir étant jeune et noir aux États unis. En effet, bien que son projet ne soit pas un concept « complètement cuisiné », certains de ses sujets sont éloquents jusqu’à leurs titres.

 « Before the money, there was love, but before the money, it was tough »,

rime Joey sur ‘Paper Trail$’, une production signée DJ Premier qui se démarque du reste de l’album. Autrement, la production est signée Statik Selektah. ‘Curry Chicken’ parle du désir de rester à la maison pendant les temps difficiles. Une dédicace à ses parents qui pour sûr leur met le sourire aux lèvres. Ailleurs dans le registre personnel, ‘Piece of Mind’, produit par Freddie Joachim, rappelle le classique de Nas ‘One Love’. Ce morceau est une ode à un ami incarcéré. ‘On & On’, permet à Joey de méditer sur la vie et la mort et avec cela, le décès de son ami Capital Steez.

Quand Bada$$ sort de l’introspection, il arrive également à bien s’en sortir. ‘Save The Children’, ‘Big Dusty’ et ‘O.C.B.’ font l’étalage du talent du jeune emcee, tout au long avec des jeux de mots néanmoins pas toujours parfaits. Bien que ce projet de 17 morceaux soit excellent, cet album aurait pu être un effort plus concis, car au milieu du LP, certaines bonnes chansons comme ‘Christ Conscious’, quasi psychédélique, et ‘Belly of the Beast’, rappelant ses origines caribéennes, semblent ne pas convenir au thème général du projet.

Néanmoins, « B4.DA.$$ » reste le meilleur projet de Joey jusqu’à présent. S’il est clair que certains se plaindront que Bada$$ emprunte un peu trop les codes du Golden Age of Hip-hop avec ses hommages par-ci, par-là donnant forme à une sorte de rap nostalgie, cet amour pour les sonorités d’antan existe pour une raison. C’est aussi son histoire que le rappeur conte aux auditeurs, de manière intéressante, avec une certaine intelligence et de surcroit sur des instrumentaux nickels.

Pour ça, on ne va pas le blâmer.

Glenn

N’aimant pas particulièrement la musique, j’ai été catapulté ici par hasard et au-delà de ma volonté. Préférant l’austérité à la frivolité du spectacle de la débauche auditive, je compte les jours qui me permettront à long terme de devenir sourd. Le vacarme m’étant insupportable.

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