Jack White – « Acoustic Recordings »

StevePar Steve  •  28 Sep 2016 à 15:37  •  Albums  •   4 views

De la période candide des premiers White Stripes à ses expériences solo, Jack White a sélectionné vingt-six de ses meilleures compositions acoustiques. Les titres s’enchainent naturellement et nous replongent d’une manière unique dans la carrière d’un monstre sacré du rock moderne.

Il fait chanter les stades au son de ‘Seven Nation Army’, sème les pogos avec les dévastateurs Dead Weather et envoie des vinyles dans l’espace. Mais lorsqu’il empoigne sa guitare acoustique, Jack White est avant tout un songwriter, un vrai, dans la plus pure tradition du folk américain.

Dernier exemple en date: les arpèges délicats et la voix tourmentée de ‘City Lights’, chanson des White Stripes publiée pour la première fois sur cet album. Parmi les inédits, on retrouve également quatre semi-raretés, dont ‘Never Far Away’, du film Cold Mountain et la face B ‘Machine Gun Silhouette’. Neuf chansons ont aussi été remixées pour l’occasion, altérant plus ou moins les versions originales.

Jack White est resté le même

Bien plus qu’un vulgaire Best Of,Acoustic Recordings” est une sélection de titres cohérente, revisitant une facette plus douce du rockeur à la peau pâle. Au piano ou à la guitare acoustique, Jack White se révèle tantôt enfantin, sensible, mélancolique ou tourmenté. Le classement chronologique des morceaux révèle une certaine progression, notamment dans la voix, la production et la diversité d’instruments, mais au final pas tant que cela et c’est d’autant plus remarquable. Malgré la séparation des White Stripes, la création de son propre label, ses nombreux projets et supergroupes, le succès, l’argent, lorsque Jack White se retrouve seul avec sa guitare, il reste à peu près le même : simple et honnête. Il suffit de le voir interpréter ‘You’ve Got Her in Your Pocket’ chez Jimmy Fallon, au bord des larmes, pour s’en convaincre.

Seul bémol : le plaisir de redécouvrir ses titres acoustiques s’estompe un peu à partir de la deuxième moitié de l’album. En fait, c’est le concept lui-même qui devient moins pertinent. Avec les White Stripes, le ratio électrique-acoustique était d’à peu près 90-10%, d’où l’intérêt de regrouper les rares pépites acoustiques pour former un nouvel ensemble artistique. Mais puisque ce ratio s’est à peu près inversé à partir de ses albums solo “Blunderbuss” et “Lazaretto”, l’écoute suivie des extraits acoustiques n’a plus la même saveur inédite.

Un album pour la postérité

Mais ce détail n’enlève rien à la raison d’être de cet album. Sur la pochette, Jack White est assis, seul avec une guitare centenaire sur les genoux. La titraille est sobre, formelle, presque nécrologique : «Jack White, Acoustic Recordings, 1998-2018». L’identité visuelle de la pochette nous rappelle les compilations posthumes de Son House, Leadbelly ou Robert Johnson. Ces condensés de génie brut ont contribué à perdurer l’héritage du folk et du blues américains. Ils ont surtout influencé bon nombre d’artistes dont Jack White. Lui-même publie d’ailleurs des compilations similaires de Charley Patton ou de Blind Willie McTell à travers son label Third Man Records.

Avec « Acoustic Recordings », Jack White s’inscrit plus que jamais dans cette lignée. Qui sait, peut-être que des futurs songwriters auront une révélation en écoutant cet album, comme d’autres ont gratté leurs premiers accords sur une compilation de Bob Dylan ou de Robert Johnson.

Third Man Records – 2016

Steve

Depuis que j’suis gosse, je suis fan de rock. Toutes les époques, tous les sous-genres mais surtout lorsqu’il « vient de là, il vient du blues ! ». Nom de dieu, je viens de citer du Johnny ?! Shame on me.

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