Goat – « Commune »

OlivierPar Olivier  •  1 Déc 2014 à 23:45  •  Albums  •   1 view

L’entrée, en 2012, fut fracassante. « World Music » ramassa tout sur son passage, personne ne l’avait vu venir. ’Goatman’, d’abord, puis ’Disco Fever’, ’Golden Dawn’, ’Let It Bleed’ et toute la clique prirent les amateurs de rock métissé par (heureuse) surprise.

Les performances live séduisirent, le bouche-à-oreille débuta et fit de Goat l’un des groupes underground les plus en vue. C’est donc peu dire que le second opus de la mystérieuse formation (supposément) originaire de Korpilombolo en Suède était attendu au tournant.

Pourtant, je n’ai pas accroché directement à ce « Commune ».

Je dois même dire l’avoir écarté après une première écoute rapide, sans trop savoir pourquoi. N’était-ce pas ce que j’en attendais ? N’était-ce pas le bon moment ? Sans doute la deuxième option, étant donné que j’y ai adhéré quelques semaines plus tard. On sous-estime trop souvent l’importance du bon moment, de la bonne attitude lors de l’écoute d’une œuvre.

Écouter Goat demande de l’attention. La musique des Scandinaves semble simple, camouflée derrière sa fluidité, mais elle cache en réalité un tas de particularités qui n’a d’égal que celui du nombre d’instruments utilisés.

Si ce nouvel album suit la même direction (‘The Light Within‘, ‘Goatslaves‘, ‘Gathering of Ancient Tribes‘), il est néanmoins plus sobre que son prédécesseur. Là où « World Music » partait dans des rythmes délirants faisant bouger tout ce qui passait devant lui dès qu’il le pouvait, « Commune » préfère allonger le temps, tamiser les aigus pour davantage éclairer les profondeurs. Cela se traduit par des compositions à la basse plus épaisse, aux mélodies sur orbite et aux voix moins omniprésentes.

Il en ressort un disque qui semble plus accessible à ceux qui préfèrent l’approche psychédélique que tribale de Goat. Cependant, il serait erroné de croire que la tribu se soit ramollie. L’énergie est toujours présente, simplement plus contrôlée qu’auparavant, l’hypnotisant interlude instrumental ’To Travel the Path Unknown’ (ci-dessus) en est la preuve.

Moins de folie, plus de mesure, mais des créations léchées aux structures impeccables, qui permettent aux quatre anonymes de nous faire décrocher de la réalité en quarante minutes chrono.

Deux albums pour deux approches différentes, mais de qualité égale, ou le résultat sans bavure d’un groupe à qui tout semble facile.

Olivier

Défenseur du rock’n’roll, expert en prix de l’essence, fanatique de la Sainte-Boisson et éternel admirateur de Yannik Paratte.

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