Fishbach – De l’envol vers la mort

JorrisPar Jorris  •  21 Juil 2017 à 18:16  •  Live  •   6 views

S’il y avait un concert que je ne voulais rater sous aucun prétexte, quitte à sacrifier les Pixies sur l’autel du rock’n’roll, c’était bien celui de Fishbach. Un regard, une voix, une personnalité, le tout enrobé d’une magie géniale.

Rarement une artiste m’aura autant fasciné que Flora Fishbach. Cette Française de 25 ans a soudainement débarqué dans ma vie de manière inattendue et fracassante. Sa voix m’a profondément marqué, sa beauté troublé et sa prestance charmé. Fishbach, c’est un subtil mélange entre une douceur apparente au regard foudroyant et une aura glaciale renvoyant sans cesse une image terriblement hypnotique de la mort. La regarder droit dans les yeux, c’est se faire absorber à jamais dans son antre musical. Fishbach est ainsi à la fois belle, extraordinaire et dangereuse. On se perd facilement en l’écoutant attentivement. Respirer devient un acte militant tant elle a la capacité de nous plonger en apnée. Une doucereuse piqûre qui sent bon la mort. Ce thème de la mort, de la nuit, mais pris tel qu’il est en devient enchanteur, est au cœur du projet Fishbach. En lançant un drap devant nos yeux, elle s’assure de nous emmener là où elle le désire : près d’un lieu où s’entrechoquent pensées mortelles, rythmiques incessantes, dansantes et paroles qui alternent fragilité et force. On y bouge constamment, gentiment, sans jamais se fatiguer de sa voix. Fishbach est envoûtante, magicienne ou sorcière. Elle charme, elle joue avec son regard, avec ses cheveux comme un peintre s’active avec son pinceau, et elle dessine d’un trait un tableau grandiose. Sa forme élancée domine un public aux airs de servants devant cette déesse. Comme happé par tout ce qu’elle dégage, le public semble communier, prêt à ne faire plus qu’un. Il n’est déjà d’ailleurs plus qu’un sombre murmure. Difficile de se détacher de son atmosphère. Je voudrais vivre dans son concert, à jamais, savourer chaque subtilité de sa prestation, chaque son de ses musiciens, chaque tonalité de sa voix, chaque mot de sa bouche.

Si la mort est un thème présent, l’ensemble que dégage Fishbach m’aura plutôt poussé vers les étoiles, vers une autre galaxie. L’espace, le noir et le froid, mais les chaleurs de millions de soleils, la découverte du fantastique, l’extraordinaire dans le réel. Toujours poussé par sa voix, j’ai avancé dans les profondeurs d’une nouvelle voie lactée. L’incessante fatalité qui pèse pourtant en moi, ce désespoir qui m’aura profondément atteint, ce désenchantement ressenti, tous ces sentiments mélancoliques semblent trouver écho dans Fishbach, à ceci près qu’elle les renvoie sans supplice à la face de tous. Cette irréelle sensation m’a emmené dans son univers que je cherchais depuis tout ce temps dans mes mots. C’est ainsi avec ces quelques phrases que je tente de dévoiler ma pensée sur cette artiste, n’ayant de loin pas le talent de poser ici-même tout ce que je ressens sur Fishbach. Une écoute devenue indispensable.

 

« A ta merci »

Fishbach

Entreprise
27 janvier 2017
 
Auteur:

 

Jorris

Personne ne sait véritablement ce que je fais dans cette rédaction à part râler sur Yannick. Sinon, j’attends le comeback d’Elvis Presley.

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