Fensta: «Ce serait tripé de faire la croisière avec Morisod»

PatrickPar Patrick  •  14 Juin 2017 à 13:00  •  Interviews  •   2 views

C’est l’histoire de deux potes d’enfance et d’un papa. Un trio de choc qui allie rock et hip-hop. Ne leur parlez pas d’une influence de Rage Against The Machine, ils vous renvoie directement dans les cordes. Et pourtant…

Pourtant, jeudi soir, en ouverture de Festi’Neuch, Fensta jouera avant les Prophets of Rage d’un certain Tom Morello. Pas de quoi déstabiliser le groupe qui veut rester au plus près de leur fondamentaux. Aller à l’essentiel, tel est le créneau des trois Fribourgeois. Rencontre avec Nathan, le batteur, et Jay, le guitariste et chanteur, de Fensta.

Votre histoire est un peu spéciale, la formation du groupe s’est faite presque par hasard non ?

Jay: Pas tout à fait un hasard. Nathan et moi sommes très bons amis depuis très longtemps et nous avions besoin de faire quelque chose de nouveau. C’était un peu un coup de tête effectivement. Nous nous sommes retrouvés dans un local de répétition, nous nous sommes demandés ce que nous voulions faire. Ce qui nous a parlé tant à l’un qu’à l’autre a donné Fensta. Mais il n’y avait pas une idée précise de ce que nous voulions, nous n’avions pas comme but de faire tel style ou se calquer sur tel artiste. Nous avions envie de faire quelque chose qui nous parle et qui nous donne envie d’aller sur scène.
Nathan: Un soir on avait juste envie de faire de la zik, Jay a pris une guitare, il m’a dit «j’ai envie de faire quelque chose de plus gras», alors il a branché sa gratte sur un ampli basse. On a commencé à jammer. Il a ensuite fait écouter ça à son père, Fred, qui nous a dit que ça le tenterait bien de venir avec nous et prendre la basse. On a intégré Fred au groupe presque directement. Ce qui est drôle c’est que nous avons composé pour un concert qui avait lieu un mois après. On a fait 8-9 titres très vite et il a fallu créer un show.

Votre style un peu rap-metal est plus facile à composer qu’un autre ou c’est vous qui êtes très efficaces ?

N: On s’entend bien ouais (rires)
J: C’est surtout ça, mais aussi le fait que j’ai toujours travaillé comme ça. Dans la plupart de mes projets antérieurs, j’ai toujours aimé avoir un ultimatum. Au moins il y a un but, tu ne composes pas dans le vide. Trop souvent tu te retrouves à avoir une idée, mais tu patauges un peu parce que tu ne te fixes pas de but précis. En travaillant comme ça t’es vachement plus spontané et plus proche de toi-même. Tu vas à l’essentiel et ainsi tu as une base sûre et ne te fait pas influencer à gauche et à droite par mille trucs.
N: Ce qui est drôle, c’est que beaucoup de monde nous classe dans la même veine que Rage Against The Machine ou Prophets of Rage. Mais nous ne l’avons remarqué que par après. Nous ne nous sommes pas dit que nous allions monter un groupe pour faire comme eux. De notre côté, nous n’écoutons plus de Rage depuis très longtemps. Toutes les influences qui donnent cette impression sont juste le mélange de ce qu’on aime. C’est un pur hasard.

Mais alors, c’est quoi les influences de Fensta ?

N: Tout sauf ce à quoi on nous associe (rires)
J: Le moment où j’ai commencé à écrire pour Fensta, il y avait beaucoup de Royal Blood, d’où la basse qui fait la partie mélodique et instrumentale. Comme producteur, j’écoute beaucoup de trucs différents. Il y a aussi du Justin Bieber, il va à l’essentiel et fait ce qui lui plaît, même si ça peut étonner. Ça va aussi du Post-Rock au Stoner à la variété française en passant par du groove et du r’n’b. J’avais besoin de ce saut dans tous les sens, sinon je m’ennuie. Fensta c’est la première fois que je peux faire tout ce que j’aime et que ça tienne la route. Il n’y a pas de volonté de vouloir ressembler ou intégrer tel ou tel groupe.
N: C’est Jay qui compose, mais Fred et moi nous ne nous sentons pas trahis en jouant. Fred a plus l’habitude de faire de la variété, moi j’écoute plus de metal, avec Fensta je joue des rythme plus hip-hop, mais je ne me pose jamais la question de savoir si ça va me plaire ou non, c’est très naturel. On arrive à se sentir les uns et les autres.

Vous avez dit récemment que votre musique était faite pour les festivals. Avec le Greenfield, Festi’Neuch et l’Estivale, vous allez être servis cet été…

N: Clairement !
J: Mon père est en tournée avec Alain Morisod depuis deux mois (Fred est le guitariste du chanteur romand, ndlr), ça nous manque  surtout d’être tous ensemble pour jouer.
N: On devient fou.
J: C’est comme ne pas faire l’amour pendant deux mois, c’est intenable (rires).

Est-ce que vous allez une fois aller foutre le bordel sur la croisière d’Alain Morisod?

N: Ce serait assez trippé
J: Alain c’est un mec méga ouvert, je suis sûr que ça le tenterait. Il nous avait appelé pour faire un t-shirt où il voulait mettre plein de noms de groupes qu’il ne connaissait pas. Il est juste marrant. C’est quelqu’un qui a réussi à faire ce qu’il aimait et ça a fonctionné. Sa réussite est surtout la suite logique de son intégrité.

Qu’allez-vous changer entre une petite salle comme le XXe à Fribourg et les festivals ?

J: Rien, ce sera juste plus grand et il faudra jouer encore plus fort. L’énergie c’est la même au fond. Au fil des années, s’il y a bien une chose que j’ai apprise, c’est que tant qu’il y a une personne devant toi, il faut s’impliquer à fond. Cette personne elle risque de te suivre et t’apporter encore plus que ce que tu peux lui donner ce soir-là.

Mais le public de Festi’Neuch, est-ce que vous l’appréhendez un peu ?

J: On va surtout se confronter à Prophets of Rage directement, vu qu’on nous associe souvent à eux. En Suisse, c’est compliqué de se construire une vraie image en tant que groupe. Ça va être un test. On ira voir leur live, on se prendra forcément une grosse baffe. Mais la question est de savoir à quelle point cette baffe sera énorme.

Festi’Neuch, vous y êtes allés, vous avez des souvenirs ?

J: Malheureusement non, nous bossons souvent dans ces moment-là. C’est comme le Greenfield, j’ai toujours voulu y aller, mais ça tombe chaque fois sur le Red Pig ou la Kilbi et je travaille pour gagner ma croûte. J’aurais adoré aller voir Earth, Wind & Fire. Heureusement j’ai pu les accueillir à l’Estival quelques temps après.

 
Auteur:
Patrick

Un jour je chasserai la marmotte. En attendant j’écris bénévolement des articles sur des groupes obscurs pour me payer l’attirail nécessaire afin de réaliser mon rêve. La vie, c’est pas facile.

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