Fai Baba une réussite sur scène, et puis c’est tout

JorrisPar Jorris  •  18 Juin 2017 à 12:39  •  Live  •   4 views

Il est des rencontres particulières dans les festivals. Pour le meilleur ou pour le pire. On croise des artistes, certains intriguent, d’autres détonnent. C’est de cette dernière catégorie qu’il est possible de qualifier Fai Baba.

Chaque année, il y a une interview qui se déroule bizarrement. Le jeu consiste à savoir sur qui elle tombera. J’ai tout de suite eu un mauvais pressentiment lorsque l’ami Yannick m’a regardé tout sourire au moment où je partais rencontrer Fai Baba. « Tu verras, ils sont bizarres » me lance-t-il en riant alors même que je m’installais sur le petit canapé prévu pour l’interview. Fai Baba, c’est Fabian Sigmund, un grand Zurichois un peu chauve qui a plus la dégaine d’un type qui va à des rave party qu’un musicien accompli. Et pourtant, Fabian en est déjà à son sixième album.

L’interview débute, on discute de tout mais surtout de rien parce que l’ami Fai Baba revient à peine de son concert. Il est accompagné de Domi Chansorn, sa dernière rencontre avec qui il a sorti « Sad and Horny » en octobre dernier. La discussion est vide de sens, sans consistance et malgré mon anglais hésitant, j’ai tenté de tirer quelques informations sur ce groupe énigmatique, notamment sur sa prestation à la scène de la Marée. «C’était vraiment sympa», me dit-il avant de s’arrêter net. «L’ambiance était bonne, Love was in the air comme on dit», rajoute-t-il. Voilà. Autant vous dire qu’avec ça, on ira pas très loin et par respect pour vous, je ne vous livrerai pas d’autres citations.

Si l’interview se déroule mal, c’est surtout parce que Fai Baba a décidé de répondre à côté ou tout simplement de ne pas répondre. Le jeu s’arrête finalement après dix minutes qui me resteront en travers de la gorge, notamment parce que ce groupe zurichois a rendu une copie exceptionnelle. Un concert qui détonne par rapport à leur album, un show beaucoup plus rock, tendant vers le psyché à l’inverse des titres plus dramatiques de Sad and Horny. Le public a pu apprécier les talents de Domi à la batterie, cet ovni venu du jazz, qui s’est lâché tout au long du concert. Ce public, relativement timide, a tout de même réussi à bouger sur les sons de Fai Baba, offrant en ce début de vendredi après-midi un premier moment extrêmement sympathique. C’est peut-être ce que je retiendrai au final. Un excellent concert… et les rires de Yannick à mon retour désemparé de cette triste interview.

 
Auteur:
Jorris

Personne ne sait véritablement ce que je fais dans cette rédaction à part râler sur Yannick. Sinon, j’attends le comeback d’Elvis Presley.

Dans le même genre...

Le groupe de heavy metal américain jouera son meilleur album dans son intégralité vendredi dans la...

Richard Galliano et Ron Carter clôturent avec complicité le succès de l'édition 2017 du festival...

Le Joshua Redman Trio était à la hauteur des attentes au JazzOnze+ Festival de Lausanne.