Electrosanne : Mais encore ?

MalvinPar Malvin  •  7 Sep 2015 à 15:29  •  Live  •   0 views

La progression fut lente, mais comme qui dit l’autre, tout vient à point à qui sait attendre. Tentons de décortiquer la question, car j’aimerais réellement comprendre d’où vient ce goût amer de frustration qui plane dans ma bouche.

Les chiffres le prouvent : c’est une réussite quant à la fréquentation pour cette 10ème édition d’Electrosanne. Les 30’000 festivaliers auront pu bouger leur train-train arrière sans grand soucis, au sec, et dans une ambiance décontractée. Voici la version officielle des faits. Mais mon cœur n’y est pas, et par la même, ceux de certains festivaliers non plus. Peut-être est-il temps de dire tout haut ce que certains pensent tout bas.

On n’y entend rien.

Le son. C’est incontestablement le vrai souci du festival. Les discussions récurrentes à ce sujet le prouvent. Attention, pas le débat autour d’un verre, à une table, non. Mais bien face à la scène, bière à la main, les oreilles tendues au ciel. Et quand tu as un Daniel Avery ou un Mount Kimbie déchaîné, tu aimerais bien te faire submerger par les flots de basses, vibrer et se laisser complètement transcender par le génie du Dj. Mais non. J’ai dû, tout comme mon entourage, me comporter tel un vrai crack du son, à vouloir me fracasser le tympan sur le mur d’enceintes. Sans effet. Et pourtant, les musiques de transitions égalaient un vrai volume de festival.

Déjà l’année dernière, la déception fut grande quand, non seulement Laurent Garnier a dû annuler sa venue, mais surtout quand le set de son remplaçant, Ben Klock, en fut réduit à un son étouffé de jack mal branché. Cette année, le problème est tout autre : le voisinage. La ville de Lausanne peut en effet devenir très sévère quant à la restriction de la limite du son, ce qui est d’une logique indiscutable. Mais alors, pourquoi ne pas trouver une solution ? Les problèmes administratifs sont sûrement conséquents, et la gestion du festival s’en trouve figée. Malgré mon ignorance à ce sujet, je pars néanmoins frustré de l’open-air, où il aura fallu attendre samedi soir pour que le volume atteigne enfin mon plexus solaire.

Mais quand même.

Je ne conteste de loin pas la qualité de la programmation. Prenant en compte le facteur son, le vrai point fort du festival fut, sans hésitation, la scène Bromance du samedi soir. Une première que de voir Club Cheval en prestation live, un Para One et un Cursus bouger sans retenue sur leur musique et une Louisahhh !!! qui se verra finalement accompagnée du Big Master en titre, Brodinski. De l’autre côté, Floating Points nous a balancé un set de bonne vieille house discoïte, sublimé grâce à de petits interludes progressifs à sa sauce, dont j’en aurais sûrement voulu d’avantage.

Hormis ces noms, je ne peux m’avancer plus. À cause de vous savez quoi. Certains mets pourtant m’ont paru succulents, tel que le berlinois Palms Trax ou le B2B de Buston Bun et Busy P. Propre, innovant, orignaux. Mais voilà, la cloche était barricadée, et j’en ai senti que quelques odeurs suaves aux arômes complexes. Chose que Pete Rock et Nina Kraviz n’avaient carrément pas avec eux, me plongeant dans la contemplation exemplaire de la structure du pont de Lausanne. Faute d’étincelle musicale, les architectes de l’époque ont tout de même fait un travail remarquable.

Je pars donc ronchon, avec un léger sentiment de déception et cette désagréable impression d’être passé à côté de quelque chose. On dit que la frustration vient avec les choses qu’on aime, et c’est vrai. En tant qu’habitué, la scène lausannoise, y compris ce festival, peut mieux faire, et je fais entièrement confiance aux organisateurs qui s’efforcent jour et nuit de faire briller la vie culturelle de ce pays. C’est un défi que je lance (à moi seul, peut-être) pour l’année prochaine, en espérant que ce rendez-vous électronique qu’est Electrosanne, et que j’affectionne particulièrement, pourra enfin me mettre une de ces claques légendaires dont j’aurais de la peine à me relever.

Malvin

Par une douce nuit de Printemps, je m’engouffrais dans une pénombre magnétique. De là retentissaient de faibles vibrations, profondes, vraies. Dès lors, je n’ai cessé de traquer l’essence de cette musique. La bête me menait de voyages en découvertes, au milieu d’une vibrante atmosphère aux aspects dub, électro, rock psychédélique…

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