Double dose de King Gizzard & the Lizard Wizard

OlivierPar Olivier  •  14 Juil 2015 à 16:07  •  Live  •   1 view

Dans la catégorie des groupes dont on vous a le plus parlé, King Gizzard & the Lizard Wizard a clairement sa place dans le trio de tête. Déjà fans de leurs albums, nous sommes, depuis les deux derniers jours, tout autant fans de leurs performances scéniques.

Photographie: Aucune image d’un des deux concerts n’étant disponible, l’en-tête est tiré du concert londonien du 09.07.

Pour ceux qui l’auraient oublié, King Gizzard & the Lizard Wizard, c’est l’un des projets rock psychédéliques les plus prometteurs des temps qui courent. Hyperactifs avec six longs-formats en trois ans, les Australiens possèdent la capacité créative de toujours surprendre son monde, changeant d’atmosphère d’un essai à l’autre. Ainsi, leur discographie affiche un joyeux mélange des genres, entre garage, blues, lo-fi, mais toujours accompagné de ce psychédélisme halluciné et délirant.

Propulsés toujours davantage sur le devant de la scène sortie après sortie, leur avant-dernière publication, « I’m in your Mind Fuzz », a su leur faire passer un palier supplémentaire, ayant reçu moult critiques élogieuses et ayant touché bon nombre d’amateurs de trips musicaux.

Dimanche 12 juillet, Bad Bonn, Düdingen

C’est après un charmant voyage en voiture accompagné des dernières lueurs du jour que nous arrivons au fameux café singinois. La terrasse est pleine, l’araignée en bois de la Kilbi est toujours là. Le temps d’une clope avant la montée sur scène de la troupe. Avoir réussi à caser les sept gaillards et leur projecteur à images trippantes sur la modeste scène du Bad Bonn est un exploit, néanmoins la promiscuité ne semble pas les déranger outre mesure et ils envoient d’entrée de jeu le quatuor tonitruant ‘I’m in your Mind‘, ‘I’m not in your Mind‘, ‘Cellophane‘ et ‘I’m in your Mind Fuzz‘, onze minutes pied au plancher pour bien démarrer.

La température monte et le modeste ventilateur de la salle se trouve rapidement à brasser de l’air chaud. Les titres s’enchaînent : ‘Hot Wax‘, ‘Muckraker‘, ‘The River‘. Le groupe pioche dans son répertoire, joue deux titres à la demande d’un fan en délire et conclut sur un très trop long final avec ‘Am I in Heaven‘, sur lequel vient se greffer des bouts de ‘Pill‘ et ‘Cellophane‘. Seul bémol d’un concert qui aura envoyé le Bad Bonn loin dans les étoiles.

Lundi 13 juillet, Rock Cave, Montreux Jazz Festival

Convaincus par la performance de la veille, la réponse à la question « Est-ce-qu’on fait le doublé ? » n’aura pas tardé à tomber. Si le voyage fut tout autant beau que celui de la veille – le Lac Léman en plus, le parking fut plus compliqué. Il en faut pourtant plus pour nous arrêter. Malgré un départ tardif de nos contrées neuchâteloises, on a le temps de s’enfiler un moite-moite des Cinq Sens et les trois derniers morceaux du concert de Widdershins. C’était massif, dense et franchement solide, autant le sandwich que le rock des Vaudois.

Trente minutes plus tard, on retrouve nos Australiens. Les t-shirts sont propres, tout a pu être installé sur scène, la Rock Cave est à moitié pleine. Si la setlist est sensiblement la même – à l’exception des deux titres joués sur demande le soir avant, l’ambiance est différente. Là où le Bad Bonn vivait le concert les yeux perdus dans les projections, les sous-sols du festival montreusien le vivent en se remuant. Les têtes s’agitent, les jambes s’activent et le pogo démarre. Peu sensible à ce changement, la troupe achève, à nouveau, l’assemblée avec son ‘Am I in Heaven‘ à rallonge, distribuant de faux espoirs aux plus remuants jusqu’à l’explosion finale.

De la bière, de la sueur, des corps qui se percutent, une façon différente de vivre King Gizzard & the Lizard Wizard. Après ce doublé, on peut dorénavant attester que les deux techniques fonctionnent à merveille.

Olivier

Défenseur du rock’n’roll, expert en prix de l’essence, fanatique de la Sainte-Boisson et éternel admirateur de Yannik Paratte.

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