Don’t Kill The Beast: « Les amis me disaient que j’étais plutôt bon. »

AlexPar Alex  •  26 Août 2015 à 11:00  •  Live  •   2 views

Il sera peut-être une belle surprise de l’année en cours. Nous l’avons découvert et rencontré le week-end dernier dans le cadre du For Noise Festival 2015 à Pully. Et nous nous sommes dit qu’il serait intéressant de découvrir qui se cache derrière le projet Don’t Kill The Beast.

C’est David Blum, un Bâlois. Il a gagné le prix de la Fondation Suisa de la meilleure demotape dans la catégorie pop en 2015. Et le label lausannois Two Gentlemen ne l’a certainement pas signé pour rien. Le  morceau ‘With Every Second’ révèle effectivement une voix tendre et délicate tandis que ‘Johnny Cash: Humble / Stumble’  montre une rythmique maîtrisé et redonne envie d’écouter l’Homme en Noir. Et rien que pour ça, il nous fallait l’interview.

Pourquoi Johnny Cash ?

David: J’écoute Johnny Cash depuis que j’ai 15-16 ans. Néanmoins, je ne dirais pas que le morceau (ndlr. Johnny Cash: Humble / Stumble) est directement inspiré de l’Homme en Noir. J’étais particulièrement fasciné par ses paroles. Il faut savoir que je suis notamment allé dans une école américaine durant trois ans et c’était une école chrétienne. Là-bas, il y avait évidemment beaucoup de musique religieuse et certaines personnes n’aimaient pas Johnny Cash parce qu’il a composé des morceaux que les religieux n’apprécient pas vraiment. Et pourtant, il représente énormément pour moi.

Nous parlons donc de musique qui puise dans la country. A ce sujet, j’aimerais savoir si ce genre musical joue un rôle important pour ta musique ou est-ce que quelqu’un en jouait dans ta famille ?

D: Absolument pas ! Ma famille ne sait même pas ce qu’est la musique (Rires).

Mais alors comment en es-tu arrivé à composer ?

D: J’ai commencé à jouer de la basse à l’âge de 16 ans, un peu par hasard. À l’époque, j’ai dit à mon père: « je veux cette guitare à quatre cordes ». Mais il ne savait pas du tout ce dont je parlais et, franchement, je crois que je ne le savais pas non plus. Au final, je suis tout de même allé au magasin en disant: « je veux acheter une guitare à quatre cordes ! ». Et c’est ainsi que je me suis retrouvé avec une basse.

Que représente la musique pour toi ?

D: Je n’en ai aucune idée. Je ne savais vraiment pas que j’étais capable de jouer de la musique. Les amis me disaient que j’étais plutôt bon. Il est dès lors difficile de te dire ce qu’elle représente pour moi, car je la découvre encore actuellement. Il faut savoir qu’à la base je voulais être un sportif. Franchement, je n’ai jamais pensé devenir un jour musicien. Au fil des années, j’ai remarqué que j’étais bien meilleur en musique qu’en sport. C’est à ce moment-là que j’ai réalisé que c’était quelque chose pour moi.

Pourquoi as-tu choisi le nom de Don’t Kill The Beast ?

D: C’est bien que tu poses la question. Parce qu’il faut remonter à mes années d’école religieuse pour t’expliquer l’origine du nom de mon projet. Là-bas, les gens disaient « fais une bonne éducation » ou « tu ne seras jamais musicien parce qu’il faut commencer lorsqu’on a 6 ans pour te faire de l’argent ».

A partir de mes 18 ans, j’ai voulu faire de la musique tout le temps et tous les jours. Cela n’a rien avoir avec l’aspect romantique de la musique ou les voyages qui vont généralement avec le travail de musicien. Évidemment, j’apprécie boire et manger gratuitement lors des tournées (Rires). Par ailleurs, je ne le fais pas non plus pour l’argent. Bien sûr, il faut gagner de l’argent pour vivre, mais je crois vraiment que si l’on joue de la musique tous les jours alors on sera payé un jour ou l’autre. Tout passe par le travail.

Qu’est-ce que la bête qu’on ne doit pas tuer au final ?

D: Au final, avec ce nom, je dis simplement aux gens de ne pas tuer la bête qui somnole en eux. Autrement dit, si tu es fort en quelque chose, fais-le. Je ne dis pas « fais n’importe quoi », mais plutôt « n’abandonne pas ce que tu peux vraiment faire, pratique ce dont tu as le plus besoin et fais ce qu’il te plaît ». Parce que je crois sincèrement que c’est la raison pour laquelle nous sommes là. Cela m’énervait qu’on me dise sans arrêt de ne pas faire de la musique parce qu’elle ne permet pas de gagner suffisamment pour vivre. Je joue de la musique depuis dix ans et je n’ai eu aucun succès, mais j’ai juste besoin de le faire par-dessus tout.

Plans d’avenir ?

D: Mon premier album sort début septembre et c’est la prochaine étape. Évidemment, je veux surtout jouer le plus de concerts possible. Peu importe où, juste jouer de la musique pour le plaisir.

Alex

De Brel à Fink en passant par Louis Armstrong et Sigur Ros, voilà ceux qui me marquent et touchent. La musique doit être un voyage, un envol et un rêve. Réveiller l’âme. Veiller l’être. Dévoiler le cœur.

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