Die Antwoord – « Mont Ninji and Da Nice Time Kid »

RaffaelePar Raffaele  •  6 Oct 2016 à 08:00  •  Albums  •   5 views

Un nouvel album de Die Antwoord, c’est toujours un petit événement en soi. Cette fois-ci, la dernière sortie des sud-africains recèle quelques perles sans être pour autant exempte de défauts.

Yolandi Vi$$er et Ninja sont les deux extraterrestres derrière Die Antwoord. En quelques années, le groupe a acquis une solide notoriété internationale grâce à son electro hip-hop léché et des clips de haute facture tels que ‘I think you’re freaky‘ et ‘Ugly Boy‘.

Die Antwoord fait dans le décalé, le crade, l’inattendu. Ils sont une ode à la bizarrerie et aux personnes qui se sentent « à côté », massacrant l’uniformité sans hésiter à toucher au dégueulasse provoquant. Leur art tient également à la capacité de ne jamais verser dans le grossier malgré l’exploration de tous les extrêmes. Bref, ils sont sacrément doués.

Une déferlante électronique

Die Antwoord poursuit donc sont périple, voguant sur l’océan du succès avec ce nouvel opus « Mont Ninji and Da Nice Time Kid« . On peut le dire sans ambages, dès le début, l’album envoie du lourd.Daddy‘ est d’une composition impeccable et énergique tandis que le singleBanana brain‘ nous submerge d’une déferlante électronique survitaminée appuyée par le flow de ce duo si atypique.

Dans la continuité de ce dernier morceau, le clip (ci-dessous) est également un petit bijou. On y découvre Yolandi qui, après avoir drogué ses parents, fait le mur pour aller dans une rave party décadente. Elle finit par embrasser une fille ayant un carton d’acide sur la langue, rien de moins. L’esthétique est poussée à bloc et on aime vraiment beaucoup.

La deuxième partie manque de vigueur

Certains titres de cette galette comme les deux précités resteront dans les annales. D’autres nous marqueront beaucoup moins et c’est là le plus grand défaut de l’album: il s’essouffle au long des 16 moreaux. Plusieurs compositions virent dans un hip-hop au tempo lent, véhiculant une certaine lourdeur et relevant presque du manque d’inspiration. Heureusement, il subsiste pourtant de belles choses dans la deuxième partie de « Mont Ninji and Da Nice Time Kid« . On pense en particulier à ‘Alien‘ faisant la part belle à la voix de Yolandi, ou encore au final plutôt réussi ‘I don’t care.

Le disque est donc en demi-teinte, valant néanmoins le détour pour les quelques gemmes qu’il recèle. S’il c’est l’occasion pour vous de découvrir Die Antwoord, allez-y : ils restent fidèles à la folie extravagante qui a bâti leur succès. Enfin, si vous avez la possibilité de les voir sur scène, foncez sans hésiter. Ils font partie de mon highlight des Eurockéennes 2015.

Bonne nouvelle pour conclure: tout le cd est disponible à l’écoute sur la page YouTube du groupe.

Raffaele

J’ai grandi dans les années 90, mes influences sont un vrai patchwork musical. J’apprécie selon l’humeur un gros beat electro, un flow hip hop ou l’effervescence d’un concert de rock. ‘Faut que ça groove !

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