Montreux Jazz 2015: Damien et sa guitare

YannickPar Yannick  •  8 Juil 2015 à 18:48  •  Live  •   1 view

L’émotion était au programme de l’auditorium Stravinski hier soir. Mariam The Believer, Nils Frahm et Damien Rice se sont relayés sur la magnifique scène montreusienne. Même si, au final, des trois je n’en ai vu qu’un…

Crédit photo: Lionel Flusin – MJF

Une arrivée trop tardive explique l’absence au premier concert de ce triptyque prometteur. La vie étant ainsi faite, on ne choisit pas toujours ses horaires. Par contre, la non-présence au concert de Nils Frahm est beaucoup plus volontaire. Pas par manque d’intérêt, ça non ! Je serai par exemple nettement moins radical que notre nouveau collaborateur José qui me déclara un jour : « le piano c’est seulement cool lorsqu’il accompagne une baston de cow-boys dans un saloon ». Non. C’est simplement que j’avais déjà eu l’opportunité de voir le génie -car c’en est un- un peu plus tôt cette année, et que, du coup, mon choix s’est porté sur un autre groupe que je voulais découvrir live depuis longtemps…

To The Rock Cave !

La Rock Cave, espace gratuit du MJF, est rebaptisée pour l’occasion « le four à pizza » par l’un des deux protagonistes de ce concert. On peut comprendre… Combo à la White Stripes -comprendre par-là une batteuse et un guitariste- les Lausannois de John Dear m’avaient agréablement titillé les oreilles l’an dernier avec leur album « Far Down The Ghost Road ». L’envie me démangeait donc de les voir performer sur scène depuis. Voilà qui est fait. Un set bien ficelé de trois quarts d’heure environ. La guitare est lourde et inspirée. Musicalement, l’empreinte des Black Keys est indéniable, mais sans tomber dans la caricature. Ce concert aura aussi permis de confirmer la maxime d’Olivier. « Il y a toujours un mec avec une barbe plus longue que la tienne ». En l’occurrence, le chanteur, Guillaume Wurhmann. Glorieuse Pilosité.

Instants rares…

C’est avec une pilosité moins proéminente, mais tout de même tout à fait honorable que Damien Rice se présente sur scène. L’Irlandais est là pour défendre les titres de son dernier album « My Favourite Faded Fantasy » sorti en octobre dernier. Il a fait bien plus que cela. Il m’est difficile, même après une nuit de recul, de décrire la beauté de ce concert. Difficile d’isoler un moment fort de ces deux heures passées en compagnie du folkeux de Celbridge.

Dois-je vous parler de la fragilité de ses interprétations ? Ou au contraire mettre en avant les morceaux conclus dans un boucan presque chaotique, fruit des nombreuses boucles créées par Rice ? Je pourrais peut-être vous parler de son interprétation d’un chant traditionnel irlandais, accompagné à l’harmonium, ou encore évoquer son interprétation d’‘Amie’ sans micro ni amplification, seul face au public. Mais même en vous racontant tout cela, ce ne serait pas complet. Ce serait omettre les discussions menées par Rice avec le public. Lorsqu’il se moque (gentiment) de l’accent de l’une de ses interlocutrices, lorsqu’il décide d’interpréter ‘Elephant’ suite à la sollicitation d’un membre du public, alors que semble-t-il, elle n’était pas au programme.

Vous l’aurez compris, Damien Rice a livré hier soir une magnifique prestation. Plus qu’un concert, c’était l’un de ces moments où l’artiste décide partager sa musique avec le public. Des instants devenus rares à l’heure des shows millimétrés…

Yannick

Une semaine est composée de sept jours, une guitare possède six cordes et la main humaine compte cinq doigts. Bizarre, non ?

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