Cully Jazz : Lettre à Dorian Wood

LauraPar Laura  •  18 Avr 2015 à 13:00  •  Live  •   2 views

Photographie: Eduardo Alvarez.

Monsieur Wood,

Aujourd’hui semblait être un jour comme un autre. Le temps n’était pas lumineux, mais ce n’est pas grave, on reste heureux.

Je vous l’avoue, je ne connaissais rien de vous. La curiosité de votre particularité m’a poussé à m’immiscer dans votre univers. Je n’étais pas tellement sûre à quelle sauce j’allais être mangée, mais j’étais prête. Oui, prête! Je l’étais parce que la prestation de FM Laeti m’a laissé sur ma faim. J’ai bougé mon popotin, mais mon corps avait soif de frissons. Mes mains ont frappé en rythme, mais aspiraient à un objectif plus glorieux. Elles voulaient acclamer, hurler, chauffer!

Je ne savais pas quels assaisonnements allaient accompagner mon plat de résistance, mais j’étais impatiente. Oui, impatiente lorsque je suis entrée dans ce petit temple dans lequel il n’y avait qu’un piano… et nous. Nous vous entourions, tel un clan, telle une famille.

Les lumières sont restées intactes lorsque vous êtes arrivé. Votre voix nous a traversé, votre présence nous a stupéfié. Aucun artifice ne devait être ajouté; c’était la simplicité dans son plus simple appareil.

Je ne saurai dire si je suis trop émotive. Sûrement un peu. Oui, je crois bien. Mais comment ne pas s’émouvoir devant votre conviction? Vous, qui nommer Jésus comme un « goddamn motherfuckin poet« . Vous, qui désignez les chansons de Sia comme le National Anthem of Australia.

Monsieur Wood,

Vous nous disiez que la terreur et la tristesse vous effrayaient. Puis, vous nous prenez à bras le corps en interprétant ‘Ama a la muerte hermano‘ d’Antonio Smith. Qui êtes-vous, Monsieur Wood? D’où vous vient ce flot d’émotions? D’où vous vient cette force?

Je ne sais qui vous êtes, mais je vous aime. J’aime votre façon de vous mettre à nu. J’aime votre modestie. J’aime le fait que vous vous excusez de chanter en français. J’aime votre sublime. J’aime votre art.

Il est temps pour moi de prendre congé de vous. Loin des yeux, mais près de mon coeur, je vous laisse partir à la conquête d’autres âmes.

A bientôt, Monsieur Wood.
On se reverra, pour sûr.

Muchas Gracias,
Laura.

Laura

Si nous étions censés rester sur place, nous aurions des racines à la place de nos pieds.

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