Cully Jazz : musiques humaines

AlexPar Alex  •  19 Avr 2015 à 17:00  •  Live  •   0 views

Samedi 18 avril, en clôture du Cully Jazz Festival, le label No Format était à la fête. Dix ans qu’il existe. C’est l’occasion de partager avec vous deux concerts : Piers Faccini & Vincent Segal et Kassy Mady Diabaté.

Piers Faccini et Vincent Segal partagent une amitié sincère depuis vingt-cinq ans. Nous en saurons plus dans notre interview du chanteur britannique à paraître tantôt. Ils se connaissent donc depuis longtemps. Ce qui mérite d’être relevé à la suite de leur concert au Temple du Cully Jazz Festival.

L’endroit est magique. Les années passent, la bâtisse sacrée au centre du village en Lavaux reste. Le Temple offre une acoustique unique pour des artistes à la recherche du contact humain. Cette humanité que Piers Faccini et Vincent Segal ont offerte au public présent en nombre en ce samedi de clôture du festival.

Ils n’échangent presque pas un mot durant toute la prestation. Ils sont heureux de pouvoir simplement converser en musique. Ils s’entretiennent en notes et le violoncelle de Vincent Segal suit, presque au mot près, les intonations de la voix de Piers Faccini. Ce dernier dit, à un moment donné, qu’il est bien plus simple de chanter que de parler.

Les deux amis interprètent successivement les morceaux de l’album « Songs Of Time Lost« . Ils évoquent aussi le plaisir de jouer en acoustique. Ils passent d’un morceau à l’autre sans véritablement d’interruption, à cela près d’une histoire cocasse racontée par Vincent Segal. Celle d’un âne qui n’aimait pas les descentes. Ce duo fait également autre chose : raconter des histoires.

Cadeau de clôture

Dès 21h, le Temple grouille à nouveau. Le public attend quatre hommes : Ballaké Sissoko à la kora, Badjé Tounkara au n’goni, Lansiné Kouyaté au balafon et Kasse Mady Diabaté au chant (notre présentation de ce griot). Le Mali s’invite chaleureusement en terres vaudoises.

Il existe toujours une certaine appréhension lorsqu’on connaît mal les instruments qu’on entend et qu’on ne comprend pas la langue chantée. Mais cette inquiétude s’en est allée dès les premières notes. La musique était plus forte. Les quatre hommes semblent se connaître par cœur, s’amusent et offrent un moment spécial à tout le public.

Il y a notamment ces prises de parole au milieu d’un morceau. Des anonymes du public qui accompagnent le chant du griot. Notamment une femme, l’habit doré dont la voix surgit soudain de l’anonymat du public. Kasse Mady Diabaté l’écoute, l’invite à continuer son chant et lui propose un instant de liberté durant lequel elle chante seule avec les musiciens. Il y a aussi deux autres femmes qui se lèvent spontanément pour danser un instant. Enfin, il y a deux hommes du public qui se lèvent et se dirigent vers Kasse Mady Diabaté, un billet en main qu’il donne au chanteur malien.

Ces petits détails rendent toute la prestation profondément humaine et correspondent parfaitement à l’esprit Cully Jazz. C’est une famille élargie de mélomanes qui a attiré quelque 65’000 festivaliers pour l’édition 2015. Enfin, l’organisation a battu son record de vente de billets : 14’300. On leur souhaite la même chose, ou mieux, pour l’édition 2016.

Merci pour l’accueil ! Merci pour ces beaux concerts !

Alex

De Brel à Fink en passant par Louis Armstrong et Sigur Ros, voilà ceux qui me marquent et touchent. La musique doit être un voyage, un envol et un rêve. Réveiller l’âme. Veiller l’être. Dévoiler le cœur.

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