Cully Jazz 2017: Omar a marvinégayé le public du Next Step

AlexPar Alex  •  7 Avr 2017 à 13:00  •  Live  •   2 views

Vous savez ce mouvement d’abord discret de la tête et qui finit par contaminer toute la foule. Mais oui ! la démangeaison au niveau des épaules ou des hanches quand le funk ou la soul pénètrent votre corps. C’est alors que votre serviteur perd tout contrôle et danse comme un forcené. Plaisirs. C’était le cas au concert d’Omar au Cully Jazz Festival.

Et je ne suis pas le seul qui dandine d’abord tranquillement dans un coin du Next Step. Il y a notamment ce mec qui est déjà déchainé lorsque les musiciens arrivent tout juste sur scène et que le début tarde un peu. Je vous laisse imaginer lorsque Omar arrive. Je pense qu’il s’apprête à voir le concert de sa vie.

Était-ce vraiment le cas ? Ce gaillard connaît probablement la musique du Britannique depuis sa découverte par Gilles Peterson, ses collaborations avec Stevie Wonder ou Angie Stone et l’amorce de sa carrière au début des années nonante pour être autant excité. Je tiens dès lors à lui dire ici la chose suivante : « Tu fais plaisir mon gars ! Vraiment. »

Ensuite j’ai laissé tombé la veste, le verre de vin, le carnet de notes et même la chemise – j’avais un t-shirt dessous, ne vous inquiétez pas. Ça suait déjà de partout dans la salle. Autant dire que ce contre-rendu sera bien plus un condensé d’impressions qu’un listing de morceau. D’où l’utilisation extrêmement abusive de la première personne. J’ai bien plus vécu le show que de l’avoir analysé.

Il faut se mettre bien quand le son est bon

Oui, je l’avoue, je m’en excuse, j’ai perdu tout professionnalisme au moment exact où le vocaliste au timbre incroyable et Omar ont fait une battle de voix. Je n’ai pas d’autre expression pour décrire cet instant précis où les deux amis de longue date – comme l’a dit Omar à un moment du concert – se sont affrontés dans une joute vocale hallucinante. L’un coupe l’autre et puis l’autre fait de la place à l’un. Et tout ceci avec une musique au rythme très latin et des pas de danse bien généreux qui gagnent rapidement le public. C’est un parfait résumé de l’énergie débordante d’Omar et de son groupe en live.

Et puis il y a le moment où les dandinements ne suffisent plus. Non ! Quand le son est vraiment bon et qu’il emporte avec lui tout un public. Des spectatrices et des spectateurs plus âgés n’ont pas hésité à lâcher la bête. Et que dire des plus jeunes qui ont tout donné sans vraiment de pause depuis le troisième morceau environ – quand Omar et son groupe ont décidé de faire péter la grosse basse bien funky et ont fait un peu de gymnastique vocale. Et que dire du dernier rappel quand Omar est revenu seul pour construire un morceau jazzy à la seule force de ses deux mains, de son corps et de sa voix élastique.

Ne le manquez pas la prochaine fois

Ce concert méritait assurément l’invention d’un verbe pour le titre. C’est peut-être cheap. C’est peut-être facile aussi. C’est pourtant exactement le sentiment qui, à mon avis, a traversé tout le concert. Il y a eu ces vagues de mouvements continus de tout le corps qui ont emporté tout le monde. Et oui ! Omar est bien l’héritier de tout un pan d’histoire de la black music et parvient en plus d’y mettre du sien notamment par un flow saccadé. Si vous n’étiez pas à ce concert, aller voir Omar la prochaine fois qu’il passe par chez nous. C’est fort !

Et je crois que notre ami déchaîné du début a eu le concert de sa vie qu’il désirait. Je l’espère pour lui. Omar a effectivement répandu son groove, sa joie et son amour dans tout le Next Step. Comme lorsqu’il a chanté ‘Stop War, Make Love’ et ses rythmes percutants. C’était bon, très bon. Merci le Cully Jazz !

 
Auteur:
Alex

De Brel à Fink en passant par Louis Armstrong et Sigur Ros, voilà ceux qui me marquent et touchent. La musique doit être un voyage, un envol et un rêve. Réveiller l’âme. Veiller l’être. Dévoiler le cœur.

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