Cotton Claw: « Pas de play qui tienne, on assemble tout en live »

MalvinPar Malvin  •  15 Juil 2015 à 11:45  •  Interviews  •   0 views

Leur concert aux Eurockéennes : de la tuerie. Ces quatre Français commencent tout juste à décoller, mais tout porte à croire qu’ils ont déjà compris les arcanes de la scène électro française. C’est simple, ils manient le pad à la perfection. Un petit interrogatoire s’impose.

Je me retrouve au bord de cette magnifique étendue d’eau qui constitue le site du Malsaucy. Les Eurockéennes, repère incontestable d’artistes en herbe. Aujourd’hui, c’est avec Zo aka La Chauve-Souris que je m’entretiens. Ses compères, Lilea Narrative, YoggyOne et Zerolex, se prélassent sur d’autres transats, à l’ombre d’un quelconque cèdre. La discussion démarre.

J’ai entendu dire que vous avez joué au camping des Eurocks !

Oui, on arrivé vers 11h, on s’est installé et on a balancé un set d’une demie heure. Accroupis, par terre, c’était très approximatif. Mais malgré les conditions, le staff avait quand même bien préparé le terrain. On a bien kiffé cette expérience !

Parlons un peu de votre collectif, histoire de vous présenter au public suisse.

Il faut savoir qu’on a déjà fait plusieurs dates en Suisse ! Notamment une fois avec l’Opération Iceberg, association franco-suisse qui s’occupe de promouvoir les jeunes groupes, en compagnie de Odezenne et Murmures Barbares, et une autre fois pour les Afters de Festineuch. Mais là, grosses galères techniques, nos machines n’ont pas supporté les plusieurs heures sous les 40°C de la pièce. Le Montreux Jazz nous accueille également cette année !

On dirait que vous tenez beaucoup à sortir des frontières.

C’est vrai qu’il y a un peu d’exotisme à cela, surtout quand on sort des limites de la langue. Plus on bouge, plus on joue, plus on est heureux. Mais sortir de France n’est pas vraiment notre objectif premier, notre manager bosse à fond pour nos tournées en France. Ceci ne nous empêche pas de voyager ailleurs, notamment jusqu’à l’Eurosonic, aux Pays-Bas. Depuis, des plans se sont présentés dans tout le Benelux. Et ça, c’est inattendu !

Sans prétention, d’où vient ce succès soudain, notamment à travers l’Opération Iceberg ?

Je ne sais pas vraiment. Je peux essayer de te trouver des raisons qui pour moi sont bonnes, mais si ça se trouve, ce ne sont pas les leurs. En gros, je pense qu’on défend vraiment quelque chose. On essaie de pousser les recherches à fond, d’avoir une idée très claire de notre style de musique. On vient tous du hip-hop, mais on ne fait pas du tout ça dans Cotton Claw ! On crée de la musique club. On obtient au final une accroche particulière, une certaine fraîcheur dans ce qu’on fait, car les styles sont détournés. Mais l’aspect fort du projet vient du live. Jouer une musique club, à quatre, sans séquences, voilà notre objectif. Pas de play qui tienne, on assemble tout en live.

Et la place de la chance, là-dedans ?

Je préfère parler de boulot de fond. Les gens ne s’engagent pas avec toi seulement avec la musique que tu fais. Il faut aller les chercher, se montrer et mettre tout ceci en lien. Si tu veux que ça devienne du sérieux, si tu veux en vivre, c’est crucial. Notre chance à nous, c’est qu’on a pu bénéficier de notre expérience et de nos réseaux personnels, notamment avec celui qui nous a réuni, Lilea Narrative. En plus de l’Opération Iceberg et de la salle de concert de la Rodia à Besançon, nous avons directement eu des moyens et une flexibilité incroyable.

En somme, c’est toute une histoire de volonté.

C’est quand d’autres personnes que toi ont décidé que ça valait le coup que le projet fonctionne. Dès que des grosses structures s’emparent de ton truc, c’est clair qu’il y a une histoire de moyen derrière tout ça. Il faut des gens qui poussent, qui ont du réseau. Au final, tout part de la volonté. Mais si ça ne se résumait qu’à ça, tous les gens « géniaux » seraient connus, alors que ce n’est pas le cas. N’est-il pas vrai que pleins d’artistes qui accèdent au sommet de la pyramide n’ont aucune velléité artistique, et vice-versa ?

Pour en revenir à votre musique, ce doit être assez complexe de travailler autour de quatre pads en même temps.

Dans le groupe, il n’y en a pas un qui amène les idées et les autres qui exécutent. C’est ce qui est cool dans Cotton Claw, et qui a été le défi depuis le début. On est vraiment les quatre fournisseurs d’idées. Chacun apporte de la matière, un beat, une ligne de basse, une grille d’accord sur un synthé, et on développe. Pour notre premier EP en 2014, on a d’abord commencé à faire des morceaux en les pensant live, et ensuite enregistrés. Pour notre dernier album, «Volute », on a fait complétement l’inverse, le but étant de bosser un album dans le détail et la finesse.

D’où l’importance d’une certaine continuité entre les tracks.

Clairement. À partir des différentes directions possibles du premier EP, l’album en présente une seule. Au fur et à mesure des mois de travail, il y a vraiment eu un gros parti pris pour enfin trouver un son qui nous est propre. Autour de ces bases, on a obtenu la direction artistique que nous recherchions depuis le début.

Et quelle est-elle, cette direction artistique ?

À part la forme avec laquelle on l’exécute, au niveau du son, on peut reconnaître des influences. Comme par exemple Lone, Kelp ou Dorian Concept. En gros, c’est une musique club/house, mais qui est fortement détournée du hip-hop. On le sent à travers une esthétique au niveau du grain des éléments de beats et des basses. En quelque sorte, du hip-hop qui n’en est plus. Qui tape plus fort, qui rentre plus vite.

Malvin

Par une douce nuit de Printemps, je m’engouffrais dans une pénombre magnétique. De là retentissaient de faibles vibrations, profondes, vraies. Dès lors, je n’ai cessé de traquer l’essence de cette musique. La bête me menait de voyages en découvertes, au milieu d’une vibrante atmosphère aux aspects dub, électro, rock psychédélique…

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