Chelsea Wolfe – « Abyss »

ThomPar Thom  •  27 Août 2015 à 00:38  •  Albums  •   1 view

Après une collaboration avec Russian Circles en 2013, Chelsea Wolfe revient avec un album solo qui pourrait servir de bande son à un film d’horreur post-apocalyptique. Certainement l’œuvre la plus aboutie de la jeune chanteuse californienne.

Comme un crépuscule noir qui ferait sombrer le monde dans les ténèbres, ce nouvel opus de Chelsea Wolfe est profond et inquiétant. La Californienne a laissé s’écouler deux ans depuis son dernier exercice, et on sent que cette gestation fut bénéfique, tant ce « Abyss » est réussi. Atmosphères pesantes, guitares stridentes, basses lourdes, dissonances torturées qui contrastent avec quelques envolées mélodiques, on s’enfonce dans cet album comme dans les méandres d’un océan obscur. Il n’est nullement question de noyade, mais plutôt d’un voyage aux limites de la noirceur étouffante des compositions de la chanteuse.

Le tout commence par ‘Carrion Flowers’, un des singles de l’album. Morceau aux accents industriels, il pose d’entrée de jeu le décor qui va défiler dans nos oreilles stupéfaites. La surprise s’opère dès la deuxième piste. ‘Iron Moon’ est composée de couplets retenus et discrets, presque murmurés, à peine accompagné par une guitare arpégée, avant que Chelsea Wolfe ne se lance dans un refrain massif au lyrisme gothique. Pas celui dont dont le cliché d’exubérance colle au métal, mais plutôt un de ceux qui agrémente la mélodie sans desservir le texte. Plus loin, on découvre la ballade ‘Crazy Love’, qui permet de reprendre un peu sa respiration avant de replonger avec l’oppressant ‘Survive’. L’opus se termine sur ‘The Abyss’ et son outro au violon, comme un cliffhanger ouvrant la porte sur un inattendu effrayant. Un album qui fait naître une certaine claustrophobie inquiétante chez l’auditeur. Un auditeur qui saura aussi être délivré par la voix tantôt fragile, tantôt puissante de Chelsea Wolfe.

Sargent House – 2015

Chelsea Wolfe sera en concert à l’Amalgame d’Yverdon le 17 novembre prochain. Plus d’infos ici

Thom

En 210 caractères, on peut dire de moi que j’aime: mettre du Maggi sur mon pain et les bande-annonces au cinéma. Je n’aime pas me raser et la peau sur le lait. Par contre, pas la place pour parler de musique.

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