C’est Kvelertak et Skeletonwitch qui font d’Ebull

LouisPar Louis  •  21 Nov 2016 à 19:57  •  Live  •   7 views

Derrière ce jeu de mots honteux se cache un enthousiasme bien réel pour ce jeudi soir qui réunit Skeletonwitch et Kvelertak à Bulle. Les groupes partagent (au moins) deux points communs : les talents de John Baizley (Baroness) loués pour leurs pochettes et leur sale habitude de retourner les salles de concert.

On se souvient du fracas qui avait accompagné le premier album de Kvelertak en 2010, s’étendant bien au-delà des cercles métalliques pour le faire atteindre la troisième place des charts norvégiens. Pour un début, et un début de hard, c’est fort. Six ans et deux autres albums plus tard, on a pris du recul et, la hype descendant, on se rend compte que les inspirations de ce groupe qu’on a d’abord pris pour un ovni sont en fait assez élémentaires, si on considère qu’ils sont originaires du pays qui a vu naître à la fois le black metal, d’un côté, et Turbonegro, de l’autre. N’empêche, fallait penser à mélanger le tout. Et c’était pas dit que cette hybridation d’horizons aussi tranchés soit du meilleur goût, puisque d’autres s’étaient déjà risqués à l’exercice sans un aussi grand succès, songeons à Eskimo Callboy ou de la tourte courgette-abricot que ma grande sœur avait confectionnée au réveillon de Noël en 2009.

Mais avec Kvelertak, la fondue n’a pas tourné, parvenant à rassembler dans une même salle vieux punks fatigués des rumeurs sordides entourant les Casualties, ex-ados à skate nourris au biberon du punk rock, et fans de black metal récemment tondus qui, après des années passées à télécharger des démos de trve black sibérien sur MegaUpload depuis une chambre insalubre, se décident à se mêler à une vraie foule en se disant qu’être edgy, parfois, c’est faire comme tout le monde. Et si en plus on y prend son pied, c’est que du bonus.

Tendre avec ces pandas reconvertis, le programmateur de la tournée les gratifie d’un Skeletonwitch en ouverture qui leur permettra de s’excuser auprès de leurs copains en disant : « Oh, vous savez, moi j’y vais pour la première partie… » Mais un œil attentif leur révélera que Skeletonwitch, c’est pas aussi trve que leur logo l’annonce, car ils font partie de ces rares groupes à pas se laisser enfermer dans des riffs mineurs et des ambiances morbides sous prétexte de porter l’étiquette black metal. Une étiquette que les journalistes rechignent de plus en plus à leur assigner d’ailleurs, car depuis quand on se sent pris d’une envie d’headbanger en souriant en écoutant du black ? Un feeling thrash prononcé, des guitares affectées d’un lyrisme évoquant le death mélo, sur un squelette de black metal : comme avec Kvelertak, c’est un cocktail improbable, mais auquel on se surprend à adhérer immédiatement !

 
Auteur:
Louis

Je recherche : une édition originale de l’EP éponyme de Medieval Steel en 12 ». Je propose : deux cannettes un jeudi à la Ruche. Eh ouais, l’expat’ fribourgeois n’a pas perdu ses habitudes langagières arrivé à Lausanne.

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