Caribana 2015: Marilyn Manson a-t-il tenu sa parole?

RaffaelePar Raffaele  •  4 Juin 2015 à 16:08  •  Live  •   2 views

Dans une interview pour le documentaire « Bowling for Columbine » il y a plusieurs années, Marilyn Manson disait: « On me considère comme quelqu’un de mauvais simplement parce que je joue du rock’n’roll. » Ce mercredi au Caribana Festival, nous avons vérifié s’il avait tenu parole. Alors, Marilyn, est-ce que tu sais faire un bon rock’n’roll?

Photo: Pierik Falco

Les lumières s’éteignent face à la foule déjà très compacte devant la petite grande scène de Caribana Festival, ce mercredi vers 23h45. Certains jouent des coudes, d’autres rouspètent parce qu’on leur marche sur les pieds. Voir Marilyn Manson en concert, ça n’arrive pas tous les jours, chacun veut sa place pour en profiter. Théâtrale, l’introduction est une musique classique dramatique avec des jeux de lumière blanche et rouge. Là apparait M. Manson, de dos d’abord, tout de cuir vêtu. Puis il se retourne et attaque directement par ‘Deep Six‘. Efficace.

Et ce rock’n’roll? Dès les premières notes et jusqu’au bout de sa prestation, Marilyn Manson fait vivre son personnage et sa musique. Visage maculé de deux traits verticaux de maquillage noir, il se saisit du micro vintage et se déchaîne. À chaque chanson, le micro change. L’un est en forme de poing américain, l’autre en forme de dague, un troisième est imbriqué dans un néon blanc qui éclaire le visage grimaçant de Manson.

Casquette de cuir, sourire blafard

Icône de la culture populaire, Marilyn Manson est ici dans son élément: le public, le live et cette électricité persistant dans l’air chaud de cette soirée de juin. Il enchaîne ses morceaux les plus connus et aimés: ‘Rock is dead, Sweet dreamstrès apprécié par l’assemblée. Chapeau melon à un moment, casquette de cuir la chanson d’après, il s’allonge sur un haut-parleur et mime un acte sexuel. Avant la moitié du concert, plusieurs spectateurs se sont extraits de la foule. Peut-être n’ont-ils pas encaissé le choc?

La musique de Marilyn Manson véhicule quelque chose de sombre, c’est indéniable et se ressent aussi lors de sa prestation. Il incarne l’imagerie collective du vilain, du laid, du brut et se fait le reflet de nos craintes, peurs et pulsions. Il met le nez de la société dans son caca. Sur la reprise de ‘Personal Jesus‘ qu’il interprète à merveille, il se pose en prédicateur devant un décor d’autel. La croix éclairée change de lumière pour s’inverser. Manson joue avec les symboles, lève un doigt d’honneur à la montée du christianisme charismatique.

Le showman hurlant

Quelques mesures auparavant, il scandait pourtant dans ‘Disposable Teens‘ qu’il n’avait jamais vraiment haï un dieu véritable, mais plutôt le dieu de ceux qu’il haïssait. Son message, il le hurle de toutes ses tripes à la face du monde. Loin d’être mutique, Marilyn descend au pied de la foule. Les spectateurs des premiers rangs tendent les bras dans l’espoir d’attraper, de toucher Marilyn Manson. Véritable showman à la mise en scène impeccable, il va d’une excentricité à l’autre, allant jusqu’à attraper entre ses dents les cheveux du guitariste.

Marilyn Manson joue avec des codes qu’il maîtrise à la perfection. Musicalement excellent ce mercredi soir au Caribana, il a conquis une foule déjà acquise à sa cause, refroidi les frileux et sans doute séduit les sceptiques. Quinze ans après ses plus grands succès, Manson se décline encore aujourd’hui sur les t-shirts des adolescents. Son personnage parle, bouscule,  revenant avec un excellent dernier album lorsqu’on ne l’attendait plus. Alors non, Marilyn Manson ne se contente pas de jouer du rock. Il l’incarne et le vit avec son public, qu’il quitte ce soir sans le saluer. Une vraie rock star.

Raffaele

J’ai grandi dans les années 90, mes influences sont un vrai patchwork musical. J’apprécie selon l’humeur un gros beat electro, un flow hip hop ou l’effervescence d’un concert de rock. ‘Faut que ça groove !

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