Bright Insomnia: « J’aime l’idée que le public puisse s’approprier les textes et y trouver le message qui fait sens pour lui. »

ClairePar Claire  •  30 Mar 2017 à 14:56  •  Interviews  •   17 views

Le Mur du Son a aussi pour vocation de soutenir les nouveaux artistes de la scène suisse. En plein crownfunding pour son premier EP, Bright Insomnia nous a reçus pour nous en dire un peu plus sur le groupe et le projet. 

La démocratisation d’Internet et l’apparition de nouveaux médias ont bouleversé le marché de la musique. La scène musicale s’est ouverte à tout un chacun grâce à des plateformes telles que YouTube et le téléchargement gratuit a fortement bouleversé les revenus des artistes. Mais comme à chaque évolution, soit on se laisse submerger, soit on prend la vague et on saisit les opportunités. Bright Insomnia, un nouveau groupe rock/metal de la scène musicale suisse romande, l’a bien compris. Pour sa chanteuse et fondatrice Magali Rytz : « Le marché de la musique est très différent aujourd’hui mais, c’est simplement une transition vers une autre manière de faire de la musique et de la consommer ». Ainsi, Bright Insomnia a décidé de lancer un crownfunding en ligne pour récolter les fonds nécessaires à la création de leur premier EP. Pour en savoir plus sur ce projet, nous sommes allés à la rencontre de Magali et de son mari David, guitariste-compositeur et également membre fondateur du groupe.

Bright Insomnia c’est qui ?

Magali Rytz: Une chanteuse–compositrice (Magali Rytz), un guitariste-compositeur (David Bubloz), un guitariste (Yannick Lannes) un bassiste (Julien Vuataz), et un batteur (Tomer Even)

Comment le groupe est né ?

M.R.: Le groupe est né de notre envie commune à David et moi de créer notre propre musique dans les styles qui nous ont toujours fait vibrer : le metal et le rock. Cela faisait plusieurs années que nous étions, chacun de notre côté, investis dans divers projets de différents styles. En juillet 2016, après avoir quitté un projet commun, on s’est dit « Ok, c’est le moment de monter notre propre band ! ». On a composé pendant plusieurs mois, puis avons cherché à compléter la line-up, c’est là que Tomer, Julien et Yannick – 3 fabuleux musiciens nous on rejoint. Bright Insomnia a alors vu le jour début 2017.

Pourquoi le nom Bright Insomnia ?

M.R.: Ce nom nous a été inspiré, après avoir traversé une période très difficile dans notre vie, où nous avons pris conscience que les épreuves étaient finalement un moyen d’évoluer, une sorte de transformation. Et que si l’on prend un peu de recul et que l’on observe bien la lumière est toujours présente, même dans l’obscurité. Cette symbolique est très importante pour nous.

Qui compose ? Qui écrit ?

M.R.: David et moi composons la musique et j’écris les textes. Ensuite, tous les morceaux sont mis en place et arrangés avec tout le band.

Comment décririez-vous votre musique ? Et quelles sont vos influences?

David Bubloz: On aime la décrire comme la dualité du clair et de l’obscur, une musique qui passe d’ambiances atmosphériques, mélancoliques et aériennes à des passages massifs et soutenus. Gojira, Pain of Salvation, Opeth, Tool, m’inspirent énormément.

Quel public visez-vous ?

D.B: On ne vise pas un public en particulier, on veut simplement toucher et « énergiser » les gens qui nous écouterons. Je pense qu’un public assez large peut apprécier notre musique.

Où avez-vous l’habitude de vous produire ?

M.R.: Bright Insomnia vient de voir le jour, nous n’avons donc pas encore eu l’occasion d’être sur scène, mais on se réjouis beaucoup ! Nous sommes actuellement en train de planifier nos premières dates pour la sortie de l’EP (automne 2017).

De quoi parlent vos textes ? Que voulez-vous dire avec votre musique ?

M.R.: On parle beaucoup des grands questionnements de l’Homme sur le monde, la spiritualité, l’écologie, sa place dans la société ….  Nos textes sont assez sombres, mais ne se veulent pas fatalistes – c’est juste une manière de mettre en évidence et peut-être d’exorciser un peu certains aspects plus douloureux de nos existences. Nos paroles sont parfois assez métaphoriques, je pense qu’il peut y avoir différentes lectures et interprétations. J’aime l’idée que le public puisse s’approprier les textes et y trouver le message qui fait sens pour lui.

Ce projet d’EP c’est quoi ? Quel est l’objectif du crowdfunding ?

D.B.: C’est une forme de concrétisation artistique, un moyen de faire découvrir notre musique et de la partager. Et vu le grand nombre de groupes à vouloir se produire sur scène, c’est devenu un support promotionnel quasi indispensable à fournir aux organisateurs de concerts, cela démontre une forme d’engagement supplémentaire. Le crowdfunding est un des moyens pour les artistes émergents de financer leur projet. Le public est devenu en quelque sorte le producteur des musiciens qu’ils aimeraient entendre où simplement soutenir. C’est ce qui va nous permettre de finaliser la production de notre EP et c’est un gros coup de pouce pour la suite des événements.

M.R.: Le système de crowdfunding est aussi un moyen direct pour être en contact avec notre « futur » public.

Quel genre de musique écoutiez-vous plus jeunes ?

D.B.: J’ai commencé à me passionner pour la musique vers 8-9 ans, avec des artistes tels que Elvis, les Beatles et Queen, ensuite vers 12 ans j’ai découvert le hard rock avec Def Leppard, mon 1er coup de foudre musical. :-).

M.R. Ma 1ère « obsession » musicale fut Thriller de M. Jackson, je devais avoir 4-5 ans – je me souviens d’un mélange de peur et de fascination à la fois ! Puis, dès l’âge de 10-12 ans je me suis plongée dans les Beatles, Queen et Pink Floyd.

Comment avez-vous découvert le rock/metal ? Et que représente pour vous cette musique ?

D.B.: J’ai découvert cette musique en regardant MTV, des groupes comme Iron Maiden, Metallica, Queensryche… m’ont captivés. Mon grand frère m’a aussi fait découvrir les grands noms tels que Led Zeppelin, Pink Floyd, The Who, Black Sabbath, etc. Le rock et le metal symbolisent pour moi un coup de pied dans la fourmilière, des musiques qui bousculent l’ordre établi par notre société, des genres qui mettent le doigt sur les dysfonctionnements de notre mode de vie et les tourments qu’ils occasionnent.

M.R. : Adolescente j’écoutais beaucoup de rock : Led Zep, Pink Floyd, Genesis, The  Police… Puis je me suis dirigée petit à petit vers des groupes plus metal comme Metallica, Guns’ n roses… Ces styles de musique ont toujours été pour moi une manière d’extérioriser, de canaliser voir même de sublimer certaines émotions et énergies. Cette une musique qui m’aide à me centrer et à m’ancrer.

Comment voyez-vous la scène rock/metal d’aujourd’hui ? On la qualifie souvent comme une musique plutôt sombre, qu’en pensez-vous ?

D.B.: Je trouve que la scène metal actuelle est une des plus riches et variées, il y a beaucoup d’excellents groupes. C’est vrai qu’on peut la décrire comme étant sombre, mais ce côté fait partie de nos vies tout comme le lumineux, c’est un équilibre fondamental. Je pense qu’il est bon d’accueillir et accepter sa part obscure, ça aide à aller vers la lumière.

M.R.: Ce côté sombre que peut exprimer cette musique nous sert à transcender notre propre noirceur de l’intérieur vers l’extérieur. En gros, écouter du metal et vous vous sentirez plus zen ! Je n’ai jamais vu de public plus cool, friendly et bienveillant qu’un public de « gros metalleux ».

Jouez-vous d’autres styles en parallèle ? 

M.R.: David et moi avons un duo acoustique, plutôt intimiste. C’est très différent de Bright Insomnia et à la fois très complémentaire.

Quelle musique écoutez-vous au quotidien pour le plaisir ?

M.R.: En fait, on ne passe pas un seul jour sans écouter de la musique, à la maison, dans la voiture. Ces temps c’est principalement : Gojira et Pain of Salvation qui tournent en boucle !

Un(e) idole secret(e) ?

M.R.: Pas d’idole secrète, plutôt une chanson secrète façon guilty pleasure, pour moi ‘Still loving’ de Scorpions. Je suis capable de la chanter à tue-tête sous la douche et d’avoir les larmes aux yeux à la fin.

D.B.: Pour moi, c’est ‘Final Countdown’ d’Europe , ça me donne la pêche et suis un nostalgique de leurs coupes de cheveux (rire).

Comment, où, voyez-vous Bright Insomnia dans 5 ans ? Une envie de conquérir également la scène internationale ?

M.R.: Sur scène, en Suisse ou hors de nos frontières.

D.B.: S’exporter au niveau international est difficile. Il faut s’investir à 100% et être prêt à faire face à de gros chamboulements dans nos vies. On en est conscients et aimerions y arriver. On a envie d’aller le plus loin possible, créer et saisir les meilleures occasions tout en nous créant une identité propre sur laquelle on tient à garder le contrôle.

Une dernière question un peu plus perso, travailler et vivre la scène en couple c’est comment ? 

M.R.: C’est un atout et un cadeau à la fois, de pouvoir partager tant de choses et surtout de pouvoir créer ensemble. La seule chose difficile pour nous, est parfois de se mettre des limites et de savoir s’arrêter pour souffler un peu, car on est sans cesse en train de s’échanger de nouvelles idées et il n’y en a pas un pour arrêter l’autre !

D.B.: C’est super pratique! On avance rapidement et on est moins obligés de prendre des pincettes pour se dire les choses !

 

Soutenez-les: https://wemakeit.com/projects/bright-insomnia-ep

Megapolis – extrait démo

 
Auteur:
Claire

Réveillée depuis petite par un papa qui presse « play » dès le réveil, j’avais deux options : détester la musique ou la chérir. J’ai choisi la seconde. Depuis, elle ne me quitte plus et berce mon quotidien.

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