Bon Iver – « 22, A Million »

AlexPar Alex  •  14 Oct 2016 à 19:36  •  Albums  •   2 views

C’est curieux d’enlever ainsi le cœur des mélodies, leur battement intime, leur âme. Que ressent-on à l’écoute de “22, A Million“ de Bon Iver ? Rien ; ou presque. Des bruits bizarres qui se superposent à défaut de mélodies convaincantes. Le constat est brutal, peut-être subjectif, mais véridique.

Cependant n’oublions pas que nous sommes face à un album qu’on peut volontiers – ou maladroitement c’est selon – catégoriser d’expérimental. Nous connaissons l’affection de Justin Vernon pour le vocodeur puisqu’il apparaît dès “Bon Iver“ et puis se confirme avec les étrangetés sonores en featuring avec Kanye à l’ouest.

Cherche-t-il à approfondir l’exploration musicale du vocodeur dans “22, A Million“ ? Évidemment. Et c’est bien cette volonté de creuser les possibilités d’un (instrument) qui nous évitera de détruire tout l’album. L’envie est forte mais le respect de la création artistique prévaut dans ce genre de chronique. Parfois ça passe, parfois ça casse. C’est tout.

Relevons d’abord le piano et le discret banjo associés aux voix distorsionnés de ‘33 “GOD“’ qui s’harmonisent dans un équilibre mélodique plutôt étonnant. Tout comme il y a quelque chose à retirer de la légèreté de ‘29 #Strafford APTS’. Mais c’est tout. Et c’est bien là que les notes blessent.

La distorsion vocale occupe un espace trop grand, le rythme volontairement saccadé ou désordonné de ‘____45____’, par exemple, ne nous convainc pas. Mais il y a surtout un autre gâchis majeur : l’effet évocateur que peut provoquer la musique de Bon Iver – notamment présent en partie sur les deux derniers disques – disparaît sous les nappes de samples et autres collages sonores.

Il ne se passe donc rien, émotionnellement, qu’on s’entende. Malheureusement la musique doit aussi pouvoir émouvoir et non seulement expérimenter pour qu’elle soit bonne. Un meilleur équilibre entre les deux éléments précédents aurait été génial.

Aucune émotion gagne le cœur et on reste finalement perplexe comme un ordinateur avec un vilain bug qui le rend désagréable.

 

« 22, A Million »

Bon Iver

2016
 
Auteur:
Alex

De Brel à Fink en passant par Louis Armstrong et Sigur Ros, voilà ceux qui me marquent et touchent. La musique doit être un voyage, un envol et un rêve. Réveiller l’âme. Veiller l’être. Dévoiler le cœur.

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