Black Mountain – «IV»

MalvinPar Malvin  •  6 Avr 2016 à 18:23  •  Albums  •   0 views

Il est d’une logique implacable, surement propre au rock, que de nommer son album suivant son classement chronologique. C’est le quatrième, il nous suffit alors de l’appeler « IV ». En chiffre romain, de préférence. Ça claque plus. Black Mountain a tout compris, et ce qu’ils nous servent pour cette fois, c’est loin d’être du méchoui.

De passage au PTR à Genève, je me suis alors mis à l’idée de me plonger d’avantage dans la soupe et d’écouter leur dernier album, sorti en début d’année. Écouteurs branchés, je me suis donc laissé aller à leur musique, qui s’est avérée être une surprise peu banale. Ni bonne, ni mauvaise, mais me laissant sur le carreau. Interloqué, circonspect. Comme quand notre papier toilette favori vient à manquer, mais qu’on en rachète un nouveau tout aussi bien.

Black Mountain prend un virage sec. Négocié avec brio, c’est pourtant une ascension astrale que nous encaissons avec leur nouvel opus « IV », manquant de souffrir un peu de vertige à certains moments. Si, auparavant, nous nous situions dans un bon rock psychédélique frisant avec les travers du stoner, des boîtes à rythmes et un synthétiseur viennent dès lors se rajouter à la symphonie. Du space rock aux réminiscences eighties. Plus pop, plus lustré, les créations en restent très bonnes et l’âme stonerienne perdure. Jusqu’à un certain point.

Un chemin sinueux

D’après mon jugement, le groupe canadien fait pourtant toujours partie de ces nombreux amoureux du psychédélisme d’antan, où buvard et bouchon sur l’autoroute étaient monnaies courantes. Certains y vivent encore, tels de vrais nostalgiques (King Gizzard), d’autres innovent sans en oublier l’essentiel (Tame Impala). Quant à Black Mountain, eux, ils surprennent. Et c’est peu dire.

Ne sachant réellement comment se situer, l’écouteur passe de bons riffs à la disto calibrée aux petites manipulations de sonorités spatiales, sans oublier le synthé magique, épique. La voix n’est également plus accessoire, mais prend le dessus en se retrouvant au premier plan. La qualité est là, autant du côté féminin que masculin, collant à la perfection à leur nouvel univers. Mais a-t-on réellement affaire à une œuvre complète, présentant une identité solide, une carte de visite valable ? Quoi qu’il en soit, les choses sont bien faites et un autre public s’ouvre à leur champ de vision. Laissons donc les choses évoluer, tout en appréciant ce qu’un groupe peut apporter comme teintes nouvelles au paysage.

Jeudi 7 avril : Black Mountain / The Backhomes – PTR (L’Usine, GE) – 20h – 25.-/22.-

Malvin
Par une douce nuit de Printemps, je m'engouffrais dans une pénombre magnétique. De là retentissaient de faibles vibrations, profondes, vraies. Dès lors, je n'ai cessé de traquer l'essence de cette musique. La bête me menait de voyages en découvertes, au milieu d'une vibrante atmosphère aux aspects dub, électro, rock psychédélique...
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