Apollo Brown & Ras Kass – « Blasphemy »

GlennPar Glenn  •  3 Déc 2014 à 16:58  •  Albums  •   2 views

Peut-être l’album hip-hop de cette année 2014, le désormais incontournable producteur de Détroit, Apollo Brown s’est associé à Ras Kass, vétéran du rap de Los Angeles, pour ce qui devrait être appelé un chef-d’œuvre musical tous genres confondus.

« Blasphemy » est un concentré de philosophie mis en musique. L’album sort alors que la tension raciale est à son comble aux USA après les événements de Ferguson dans le Missouri et que la situation au Moyen Orient est au pire avec l’instauration de l’Etat islamique. Ainsi, les textes de l’album ne concernent pas la violence et le racisme de la police exclusivement. La religion est un thème important ; spécifiquement, les contradictions dans les textes, et la violence inhérente liée aux conflits religieux (parlé historiquement). Le titre prie l’auditeur également de regarder ce qu’il y a d’autre dans la vie qui s’apparente à une religion. Le culte de l’argent, le pouvoir, le gouvernement, le respect, le sexe ne sont que des exemples parmi tant d’autres et incarnent tous le véritable comportement blasphématoire, comme défini selon Ras Kass.

« Yeah, this is how to kill God
Holocaust, Crusades, Zionism, Jihad
Yeah, this is how to kill God
Racism, sexism, every ism is a schism »

Ces paroles qui se comprennent par elles-même et qu’il est inutile de commenter, apparaissent sur l’excellent premier titre de l’album, ‘How To Kill God‘. En plus de l’instrumentale épique d’Apollo Brown, ce morceau fout directement une belle claque à l’auditeur et le prépare pour la suite des événements. Sur ‘H2O‘ Apollo Brown et Ras Kass s’entourent de Pharaohe Monch et Rakaa Iriscience de Dilated People, dont il faut noter la complexité des lyrics.

Ras Kass est à son meilleur sur « Blasphemy » quand il rappe au sujet de l’hypocrisie et sème des graines avec ses textes sur ‘Deliver Us From Evil’. Le meilleur morceau selon moi est ‘48 Laws Pt.1‘. Le beat est à péter les cervicales et Apollo Brown est au sommet de son art. Pour l’histoire, « The 48 Laws of Power » sont, selon l’auteur Robert Greene, les règles pour se frayer un chemin vers le pouvoir.

En somme « Blasphemy« , c’est des rimes à écouter et à méditer, posées sur une musique grandiose.

httpv://www.youtube.com/watch?v=2gVAeMCu4Xg&spfreload=10

(c.f. la chronique d’Olivier: Apollo Brown & Guilty Simpson – « Dice Game » (2012)).

Glenn

N’aimant pas particulièrement la musique, j’ai été catapulté ici par hasard et au-delà de ma volonté. Préférant l’austérité à la frivolité du spectacle de la débauche auditive, je compte les jours qui me permettront à long terme de devenir sourd. Le vacarme m’étant insupportable.

Dans le même genre...

La sensualité enserre la musique de Warhaus d'une étreinte à la fois ferme et délicate.

Préparez vos oreilles, Metz est de retour... et avec Steve Albini aux manettes.

Les punks de Hateful Monday sont de retour avec un nouvel album.