Antonin Rousseau: « On est le plus grand des petits festivals »

JorrisPar Jorris  •  8 Juin 2015 à 17:04  •  Live  •   3 views

Dès jeudi, le bord du lac de Neuchâtel va s’enflammer avec le début de Festi’neuch. Pour bien lancer cette semaine dédiée à ce festival, nous avons rencontré Antonin Rousseau dans les locaux de l’organisation pour lui poser quelques questions. 

Bonjour Antonin Rousseau. Merci de m’accueillir aujourd’hui. Comment se passent les préparatifs? Tout roule bien?

Oui, on est serein, tout se passe à merveille. Les gens sont expérimentés, c’est une affaire qui roule sur tous les domaines. Il y a une dynamique extrêmement positive. Les ventes se passent très bien aussi donc il ne reste plus qu’à espérer que le soleil soit au rendez-vous.

Il s’est déroulé la semaine passée une Silent Party en plein coeur de la ville de Neuchâtel. Est-ce que ça a bien fonctionné et comment le festival en est venu à faire cet événement?

Oui, ça s’est super bien passé, on a presque été dépassé vu le monde qui était là. C’est l’occasion pour Festi’neuch de sortir de ses murs quelques fois durant l’année. C’est une collaboration avec la Ville et la Case-à-Chocs et c’est l’occasion pour nous d’offrir aux Neuchâtelois autre chose que le festival. On a eu entre 3000 et 4000 personnes qui sont venues danser, et je crois que les gens ont apprécié. C’est une expérience qui sera sûrement amenée à être reconduite.

On en vient au festival lui-même avec une nouveauté cette année, cette fameuse scène sur l’eau. Comment se met en place ce genre de projet ?

C’est un challenge technique, c’est la première fois qu’on monte une scène sur l’eau. On a toujours la volonté d’offrir plus que des concerts et de surprendre les gens. On veut améliorer, modifier l’infrastructure et les changements s’inscrivent dans cette réflexion. La Silent Party bouge à l’Est du festival, au Phare, elle sera agrandie et sans restriction d’âge et la Plage sera le club du festival avec des DJ qui mixeront sur l’eau à 10 mètres du rivage avec un dancefloor monté sur la plage de galets. Le lac est vraiment notre carte de visite donc on veut pouvoir l’utiliser de la meilleure manière. Festi’neuch ne peut pas tout miser sur la musique, il faut d’autres éléments, un petit plus qui fait que les gens se sentent bien et je crois que le site, ce cadre original, est différent et dépaysant pour les festivaliers. On est persuadé que c’est ce qui plait au public, indépendamment de la programmation.

En parlant de ce public, est-ce que le festival a atteint sa capacité maximale?

Non, vu qu’on n’est pas encore un festival qui fait sold-out tous les soirs. On voit qu’on a encore du potentiel pour attirer les gens. Mais finalement, ce n’est pas forcément notre but ultime. Etre un festival convivial à taille humaine nous va très bien et on ne veut pas rivaliser avec les gros festivals de Suisse. On se concentre sur les améliorations, on pourrait accueillir plus que 12’000 personnes par soir, mais on préfère rester le plus grand des petits festivals.

C’est les 15 ans de Festi’neuch et les 10 ans de Lokomotion Agency, ton agence de management d’artistes. Comment gères-tu cette double casquette ?

Je n’ai jamais voulu faire ce métier, ni programmateur, ni agent d’artistes, mais c’est vrai que du moment que j’ai acquis un certain réseau dans le monde de la musique, j’ai toujours aimé avoir cette position dans l’ombre, donner un coup de main, aider des groupes à se développer. Ce plaisir d’être quelqu’un dans l’ombre et l’attachement que j’ai pour la région m’ont poussé à vouloir aider des artistes du coin qui le méritaient. Ca n’a jamais été une vocation, mais c’est comme ça que j’ai commencé il y a 10 ans avec Lokomotion. C’est vrai qu’il n’y a pas de formation, c’est un peu en travaillant sur le tas qu’on développe son réseau. Je le vis assez bien.

Et il n’y a jamais eu de problèmes avec les artistes qui font partie de ton agence et qui sont programmés à Festi’neuch ?

Non, il n’y a jamais eu de conflit d’intérêts. Il y a des histoires d’amitiés entre le festival et les artistes, comme Stéphane Eicher et IAM qui ont voulu venir ici ou revenir parce qu’ils en gardent un super souvenir. Et les groupes de Lokomotion qui ont joué à Festi’neuch méritaient de venir jouer ici donc finalement, il n’y a jamais eu de problème.

En parlant des artistes, qu’est-ce qui te fait plaisir de voir sur les bords du lac de Neuchâtel cette année? 

Le concert qui me réjouit particulièrement, c’est Soviet Suprem, le dernier concert du dimanche. La pression se relâche totalement, en plus le groupe est très festif, ça risque d’être bien l’émeute. Et puis, il y a une grande réjouissance d’accueillir Joey Starr aussi, qui est une personnalité marquante, complètement entière et qui ne laisse personne indifférent. Après, je me réjouis de voir Garden Portal, un des groupes neuchâtelois les plus prometteurs. Fatboy Slim et Placebo aussi. Autant l’un que l’autre sont dans les plus gros trucs qu’on a accueillis, ce sont de grosses productions en terme de matériel, d’écrans, etc.

Il y a des artistes comme ça qui posent des problèmes logistiques?

Les artistes savent qu’on n’a pas une immense scène, ils doivent faire des concessions. Fatboy Slim vient avec des lasers, un immense écran LED à caser sur la scène. Il y a 10 ou 15 ans, on passait du temps à négocier les questions de son, aujourd’hui c’est tout le côté spectacle qui est mis en avant. On se doit de s’adapter au mieux, mais c’est vrai que des fois, quand un groupe ne parle que de son et met la musique en avant, ça fait du bien. On se dit qu’il y en a encore. Le fait d’avoir un show lumière rajoute indéniablement quelque chose, mais on veut tout de même mettre la musique en avant.

Festi’neuch, c’est du 11 au 14 juin. On aura l’occasion de vous en reparler directement depuis le bord du lac, les pieds dans l’eau puisque nous serons sur place pour vous proposer d’autres articles et moments du festival neuchâtelois.

Jorris

Personne ne sait véritablement ce que je fais dans cette rédaction à part râler sur Yannick. Sinon, j’attends le comeback d’Elvis Presley.

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