Zoran: « Avec Los Brakos j’utilise mes tripes, pour mon projet solo c’est mon coeur »

LauraPar Laura  •  23 Fév 2017 à 10:00  •  Interviews  •   13 views

Assis au balcon de l’appartement d’un ami lausannois, Zoran aime se prêter au jeu de l’interview. Il revient sur son parcours détaillé qui lui aura permis d’intégrer le groupe Los Brakos et surtout de développer son projet solo. 

Tout commença donc au début des années 2000, lorsque Zoran découvrait le rap américain par l’intermédiaire des sons de Dr.Dre ou encore Snoop Dogg: « A l’époque, je m’amusais avec un ami à poser des textes sur les beats qu’on réussissait à trouver en ligne. Malgré cela, ce qui me dérangeait dans le rap US, c’est que je n’arrivais pas à comprendre ce qu’ils disaient, alors un jour je me suis mis à écouter Lunatic, Fonky Family, IAM, Sniper et ça a changé ma vision du rap. C’est là que j’ai découvert que ça allait au-delà d’un simple beat et de rimes, c’est beaucoup plus profond ». Ainsi, inspiré du rap conscient, Zoran s’entraîna longtemps devant sa webcam, puis avec un ami qui avait des notions de productions, jusqu’à rencontrer les personnes qui auront formé le groupe de Los Brakos.

« Avec Los Brakos, j’ai réussi à avoir cette discipline et ce punch que je n’avais pas seul. Chaque membre à sa signature et chacun provient d’un milieu rap qui pourrait être défini différemment.  Pourtant, notre cohésion de groupe reste forte, car chacun peut exprimer ses idées, chacun est entendu, on arrive à trouver un consensus ». Une cohésion qui se retrouve sur leur premier hymne officiel ‘Tu t’attendais à quoi ?’, sorti en 2014, où l’on découvre chaque membre dévoiler sa personnalité. « Le groupe me permet également de parcourir des terrains qui m’attire moins au premier abord. Il me permet de me lâcher et de découvrir, d’avoir des challenges. Avec le crew, j’use de mes tripes, alors que seul c’est plutôt de mon cœur ».

Un cœur, c’est justement ce qu’il espère nous livrer dans son premier projet solo, « Sortir de l’ombre », annoncé pour la fin de l’année. Textes introspectifs mais pas seulement, Zoran espère que son auditeur puisse à la fois se retrouver dans ses histoires mais surtout y trouver un message d’espoir : « Je vois mon son entre un mélange de chanson et poésie. C’est prétentieux mais c’est ça qui m’inspire. Ce qui définit mon projet solo, c’est cette balance entre l’obscurité et la clarté, tel l’accouplement d’une colombe et d’un corbeau. Souvent, on reproche au rap conscient, engagé, qu’il est trop pessimiste, qu’il dénonce mais ne donne pas de solution. Mon but, c’est d’être concret par rapport aux problèmes et d’apporter une solution. Oui, t’es dans le noir mais il y a une lueur d’espoir et si tu t’accroches à cette lueur, tu auras peut-être l’opportunité de passer dans la lumière ».

Assis sur le balcon d’un ami lausannois, Zoran aime se prêter au jeu de l’interview mais ce qu’il aime surtout, c’est le partage, ce désir, tel un grand frère, de te tendre la main et de te dire « allez viens, n’aie pas peur, ça ira ».

Est-ce que ça ira ? Tout ce qu’on peut certifier, c’est que tant qu’on ne tentera pas, on ne le saura pas. Et ça, Zoran l’a bien compris.

 

« Tu t’attendais à quoi ?! »

Los Brakos

Indépendant
2015
 
Auteur:

 

Laura

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