Young Fathers – « White Men Are Black Men Too »

GlennPar Glenn  •  18 Oct 2015 à 18:56  •  Albums  •   1 view

Young Fathers tournent actuellement pour promouvoir leur second album « White Men Are Black Men Too« . Un véritable voyage musical qui démontre le talent unique du trio écossais. Entre abstract hip-hop et indie pop britannique, le groupe livre un opus mémorable.

La redécouverte s’est produite lors du concert à la Case-à-Chocs, le 1er octobre dernier. Déjà emballé par leur LP précédent « Dead« , la prestation m’a permis de confirmer mes attentes. Mêlant brillamment différents styles de musique, Young Fathers fait partie de cette génération d’artistes brisant les barrières pour simplement créer ce qui est finalement le plus important: de la musique.

Si le titre de cet album est quelque peu étrange, les morceaux quant à eux sont complexes et travaillés au millimètre. Rythmées et aériennes, les voix des chanteurs s’entremêlent également pour constituer des harmonies parfaites. Classer cet album comme hip-hop est extrêmement réducteur, car il s’en éloigne largement. Hybride et expérimental sont les maîtres mots pour décrire cet assemblage sonore puissant.

Au niveau des paroles, Young Fathers reste politique et décrit leurs expériences dans le Royaume-Uni contemporain. A la fois ironique et revendicatrice, dans l’ensemble la tonalité reste positive contrairement à « Dead » clairement plus sombre et manichéen. ‘Old Rock n’ Roll‘ explique le titre controversé de l’album dès le premier couplet:

We living life like a bubble wrapped ape
She came to mind when I treble that bass
I’m tired of playing the good black
I said I’m tired of playing the good black
I’m tired of having to hold back
I’m tired of wearing this hallmark for some evils that happened way back
I’m tired of blaming the white man
His indiscretion don’t betray him
A black man can play him
Some white men are black men too
Niggah to them
A gentleman to you

Nest‘ est sans doute le plus beau morceau de l’album, touchant immédiatement l’âme de l’auditeur, lui redonnant du baume au coeur. Sur ‘27‘, les Ecossais s’amusent sur ce chiffre en disant qu’ils ne sont pas morts à 27 ans, à l’instar de Jimi Hendrix, Janis Joplin, Kurt Cobain et tant d’autres. ‘Dare Me‘ joue sur le rap le plus abstrait pour ensuite atterrir sur un refrain des plus pop. Magnifique.

Mission réussie pour les boys d’Edimbourg sur ce deuxième exercice. Si certains peuvent regretter un manque de rimes rap, le virage lo-fi popisant de Young Fathers est osé, mais clairement salutaire. Ayant ouvert la voie à de nouvelles possibilités, les aficionados ne peuvent que se réjouir de leurs prochaines créations.

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Glenn

N’aimant pas particulièrement la musique, j’ai été catapulté ici par hasard et au-delà de ma volonté. Préférant l’austérité à la frivolité du spectacle de la débauche auditive, je compte les jours qui me permettront à long terme de devenir sourd. Le vacarme m’étant insupportable.

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