Yanač – « Surprendre les gens, c’est ce qu’on aime faire »

JorrisPar Jorris  •  20 Juin 2017 à 15:39  •  Interviews  •   9 views

Dans les groupes neuchâtelois présents à Festi’Neuch, on a retrouvé les copains de Yanač venus ouvrir la journée de dimanche sur la scène de la Marée. Rencontre avec ces cinq musiciens atypiques.

Cette formation particulière joue une musique aux nombreuses influences balkaniques, klezmers ou encore macédoniennes. On a donc sorti notre meilleure carte géographique pour faire un tour d’horizon de ce qui compose Yanač. Autant vous dire qu’on n’a pas fini d’en discuter tant il semblait impossible de tout catégoriser.

Je suis venu voir votre concert d’ouverture, comment ça s’est passé ce moment à Festi’Neuch ?

Ça s’est bien déroulé. Pour un concert à 14h un dimanche, ça s’est super bien passé. Il y avait du monde pour cette heure de la journée, donc c’était bien. Il faut dire que quand il fait nuit, on commence à vriller mais je crois que c’est une musique qu’on peut écouter en étant posé à l’ombre. En tout cas, c’est ce qu’on aimerait entendre en étant assis tranquillement dans l’herbe (rires).

Vous avez fait des grosses scènes comme celle de la Marée ? Ou vous êtes finalement toujours une formation plus habituée aux scènes improvisées ?

Quelques-unes, mais pas tellement. Après, on dit de nous qu’on joue dans la rue alors qu’en fait c’est juste parce qu’il y a trois, quatre ans, on a pas mal fait de concerts dans la rue. Mais là, on joue quand même sur des scènes, des petites salles et des bars. Après, on aimait bien avoir un son acoustique, sans jamais d’amplification, juste jouer le plus naturellement possible. Et là, on commence à aimer l’électricité (rires), avec des retours où c’est amplifié à fond. C’est un travail différent, ça nous demande de savoir comment on va aménager la scène également.

On a pu voir le mot Yanač écrit sur la scène avec des lettres géantes, ça entre justement dans votre projet de mise en scène ?

On s’y met ouais. C’était la première fois qu’on faisait et c’était rigolo. Et sur scène, c’était pas horrible alors c’est plutôt cool. On pourrait avoir un côté plus martial peut-être, avec un vrai drapeau qu’on plante sur scène comme quand on gagne une révolution. Et après on le brûle !

Vous vous êtes baladés un peu durant le festival ces derniers jours, vous avez eu une sorte de réflexion sur la Marée justement ?

Ouais, c’est vrai qu’on se disait en la voyant qu’elle était énorme, qu’il faudrait mettre des décors super grands pour que ça se voie. Et finalement, on a vu, et bon elle est pas si grande. On a fait une potence de deux mètres de haut et elle entrait pas sur la scène.

De jouer à Festi’Neuch, ça vous a stressé ? Vous êtes des neuchâtelois accomplis, il y avait une petite angoisse de venir jouer ici ?

Du moment où on était sur scène, ça allait super. Avant, il y a un côté un peu « consécration », parce que jouer à Festi’Neuch, c’est plutôt cool ! On a surtout amélioré notre préparation. Quand on joue sur des petites scènes, ou dans des bars, on n’a pas forcément besoin de se voir tout le temps pour préparer, on sait comment on va jouer. Pour aujourd’hui, il a fallu penser à d’autres éléments, la scène mais aussi la setlist par exemple. Après, en termes de stress, ça varie entre les membres. Mais il y a clairement une petite pression en montant sur scène ici.

On passe sur votre actualité, qu’est-ce qu’il va se passer pour Yanač ces prochaines semaines ?

On joue mercredi 21 juin au théâtre du Passage à Neuchâtel. Après, on sera le 25 juin à la fête de la musique à Genève, le 1er juillet au Wichtrach Festival. On a commencé à tourner il y a un mois et demi et on joue un peu partout en Suisse. La tournée se déroule super bien, c’est génial. On va aussi faire un CD donc on va prendre un mois de vacances, ensuite on se retrouvera pendant une semaine en résidence ensemble pour arranger les morceaux et ensuite on fera une semaine de studio. L’album est prévu pour 2018, avec probablement une tournée qui s’en suivra.

En parlant de votre répertoire, comment il s’est mis en place ?

Au début, on était dans la reprise de musiques et là on fait nos propres compositions. On s’est inspiré de ce qu’on connaissait pour lui donner un cachet qui nous était propre. Et finalement, depuis deux ans, on a quitté ce modèle, mais on garde une origine de musique traditionnelle mais qui est la notre. L’arrangement, on le fait ensemble et c’est ça qui nous prend le plus de temps. On a beau amené des partitions écrites, on arrive jamais à les tenir normalement. En général, il y a toujours de la refonte, du changement mais on sait que c’est comme ça et on aime vraiment cette manière de fonctionner. Il y a un morceau qu’on a arrangé pendant six mois avant de revenir à la version originale (rires) ! On prend aussi beaucoup de risque en live avec le public, on regarde comment c’est perçu et on garde ces moments également.

Il y a des artistes qui préfèrent composer un album avant de le jouer et vous c’est plutôt l’inverse. Vous jouez des titres et ensuite vous en faites un album sur la base de toutes vos prestations et améliorations ?

Ouais, c’est ce processus qu’on a adopté. On a besoin d’avoir joué pendant six mois nos morceaux avant de les réarranger en résidence, et ensuite de les enregistrer. Avec Yanač, c’est ça qui est génial. On prend énormément de risque avec ces créations sur scène. Surprendre les gens, c’est ce qu’on aime faire. On va pas s’engueuler parce qu’on a fait des erreurs. Au pire, on rigole parce que ça n’a pas marché, mais on essaye de jouer avec l’autre également lorsqu’il propose quelque chose de nouveau. Après, il y a une vraie réflexion à avoir sur ce modèle parce que pour l’album, on ne va pas pouvoir arranger nos morceaux à l’infini.

 
Auteur:
Jorris

Personne ne sait véritablement ce que je fais dans cette rédaction à part râler sur Yannick. Sinon, j’attends le comeback d’Elvis Presley.

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