Tweek : «Ce que je ne dis pas, je l’écris, je le rap et je le vis»

JorrisPar Jorris  •  16 Juin 2017 à 15:21  •  Interviews  •   6 views

Au détour de nos pérégrinations, on a (re)croisé le groupe nyonnais Tweek. Après un passage remarqué en 2013, les voilà de retour à Festi’Neuch, histoire de faire le point sur leur premier album éponyme.

Il y a quatre ans, nous nous étions frayé un passage entre les gouttes pour interviewer Tweek de manière totalement improvisée. Cette fois, tout était préparé à la perfection, la douceur nocturne du mois de juin, un banc et les toilettes mobiles à côté. Moment glamour avec Oni et Epik.

On s’était parlé en 2013 lors de votre venue, dites nous ce qu’il s’est passé depuis ?

Le soir de la Marée, c’était un truc de malade. On finit le concert, on va dans les loges et on voit tous les techniciens autour de deux lumières super fortes proches l’une de l’autre et tu sais ce qu’ils faisaient ? De la raclette avec les lumières de la scène ! C’était mortel. Pour revenir à ta question, on a sorti un quatrième EP et on a fait ce qui nous semblait être le truc le plus cohérent en prenant une pause pour réfléchir à la prochaine étape. Et cette étape, c’était un album et de comment on allait le concevoir. Ça a été très différent des quatre EP. On est parti à la Savonnerie de Bruxelles pour enregistrer cet album. Du coup, on avait une matière à réenregistrer par-dessus et aller dans une direction qui nous plaisait.

C’est un peu boucler la boucle d’être arrivé au milieu de ce quadriptique à Festi’Neuch et là avec ce nouvel album sorti en février

C’est clair, on remercie toute l’équipe de Festi’Neuch d’avoir cru en nous. On adore ce festival, il nous a laissé de bons souvenirs. A force de faire des EP, on avait besoin de faire un album, de proposer quelque chose d’autre, de plus long et de plus construit. Que ce soit une oeuvre en tant que telle.

Il y a presque un côté plus rock. Quelqu’un dans le public a même dit que ça ressemblait à Linkin Park.

Ah bon? Okay, ouais. Je pense qu’il y a mille références auxquelles on peut nous comparer. Linkin Park, Limp Bizkit, là où il y a un peu du rap au milieu du rock. On a souvent eu la comparaison avec l’électro et peut-être que le côté rock se voit plus sur scène à cause des instruments et de l’aspect organique ultra présent. C’est vrai que le processus est intéressant d’écouter l’album et de voir le concert parce que même si c’est les mêmes chansons, il y a des différences. Avant on était dans le plug and play: ce qu’on enregistrait, on le jouait en live. Et là, c’est l’inverse. On va penser que studio et on se demande comment on va le jouer en live. On a donc déconstruit les morceaux pour les reconstruire sur scène en les réinterprétant. Du coup, je peux comprendre ces comparaisons.

Est-ce qu’il y avait une démarche voulue d’aller dans une direction électro ?

On est un groupe de sept personnes, donc on a chacun nos goûts. Après, on est trois à la co-réalisation, ce qui fait qu’on doit s’entendre mais il y a aussi un aller-retour avec les musiciens. L’album est assez éclectique au final.

On connait bien Luthor, il était hyper présent au niveau du beatbox et là on a l’impression qu’il est plus passé à la voix.

C’est exactement ça. Luthor, c’est une histoire particulière parce qu’il a rejoint le groupe en cours de route. Tweek existait avant lui et on l’invitait à des concerts où il faisait du beatbox. Et il a « hijacké » le groupe comme nous on l’a fait avec les musiciens quand on les a rencontré. Il exploite sa voix, son instrument, et c’est venu très naturellement et il a pris un rôle plus élevé dans le groupe maintenant. Vu qu’il scratch vocal et qu’il a sa machine avec des bouts de sample, il est aussi comme un DJ mais sans les platines traditionnelles. Il est au centre de la scène aussi.

C’est une évolution dans Tweek ?

Ouais, et chacun d’entre nous a dû se faire violence pour ce disque, sortir des sentiers battus. On a transgressé nos habitudes. On a réécrit les refrains tellement de fois. Tout le monde était vraiment dans cette direction. On a essayé de proposer quelque chose qu’on ne faisait pas avant.

Au niveau des paroles, qu’est-ce qui a changé pour vous ?

C’est vrai qu’on chante en anglais, et que c’est pas à portée de tout le monde ici. Mais on a envie de s’exporter aussi, d’être compris par plus de personne. On interprète les textes qu’on écrit et c’est des choses qu’on trouve profond. C’est toujours très intense. Ce que je ne dis pas, je l’écris, je le rap et je le vis. On est dans cette perspective.

Votre meilleur souvenir de Festi’Neuch ?

La silent party de la dernière fois (rire). Sinon, The Animen ici, c’était vraiment énorme et c’était la première fois qu’on les découvrait.

 
Auteur:
Jorris

Personne ne sait véritablement ce que je fais dans cette rédaction à part râler sur Yannick. Sinon, j’attends le comeback d’Elvis Presley.

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