Trentemøller: «Je préfère les vrais concerts au clubbing»

JorrisPar Jorris  •  18 Juin 2017 à 13:51  •  Interviews  •   2 views

Le Danois Anders Trentemøller a 44 ans et toutes ses dents. Sans mauvais jeu de mots, le gaillard qui peut paraître très mystérieux s’est révélé extrêmement sympathique. Rencontre avec un amoureux de la musique comme on en fait peu.

Après vingt ans de carrière sous le nom Trentemøller et près de trente ans de scène dans divers projet. Cet empereur de la musique électronique a posé, samedi, pour la première fois ses platines aux Jeunes-Rives. Un concert qui a déchaîné les foules malgré l’heure précoce pour un show de cette ampleur. Rencontre avec le Danois qui apprécie toujours autant être sur la route.

C’est ta première fois à Festi’Neuch, quelle a été ton impression en arrivant ici?

J’ai eu la chance de pouvoir me balader avant que le festival ouvre. Je suis allé au bord du lac, mettre les pieds dans l’eau, c’est vraiment un endroit exceptionnel. Dire que je vais jouer à même pas 100 mètres du lac. C’est un endroit très cosy, très familial. Certains festivals n’ont pas vraiment une personnalité propre alors qu’ici il y a une vraie identité.

Tu es pratiquement né dans les festivals, notamment le Roskilde, chez toi au Danemark…

Ouais, j’allais déjà là-bas quand j’étais adolescent pour voir des groupes et tout d’un coup j’ai commencé à jouer dans ce festival. C’était drôle!

Es-tu plutôt un artiste de club ou de rave?

Aucun des deux. J’aime pas les club ou les rave. Je préfère les concerts parce que c’est ce que j’aime voir et surtout faire.

Il y a deux ans, un de nos collègue t’a qualifié de peintre musical. Cette définition de convient-elle?

Oui, peindre c’est un peu ce que fait chaque musicien en fait. On décrit des atmosphères homogènes et chaque inspiration se retrouve quand on peint. Au final, on s’exprime en tant qu’artiste et ma musique peut être décrite comme une sorte de fresque, toutes proportions gardées, évidemment.

Cela fait vingt ans que ce projet existe, tu as prévu quelque chose de spécial?

En fait, j’en sais rien… (rires) Ça fait bien plus longtemps que ça que je fais de la musique en fait. Je suis dans des groupes depuis que j’ai douze ans et maintenant j’en ai quarante-quatre. J’aime tellement composer que je ne compte pas vraiment les années pour être honnête.

Après toutes ces années, l’inspiration est-elle toujours aussi facile à trouver?

Je ne pense pas que c’est difficile de trouver l’inspiration. J’ai toujours des nouvelles idées et des mélodies en tête. Ce qui est difficile, mais cela l’a toujours été, c’est de retranscrire l’émotion de la manière dont je le veux. Quand t’es jeune, tu manques peut-être de confiance en toi et la vraie différence est là. Aujourd’hui j’ai bien plus confiance en moi et ma musique. C’est une recherche permanente de ne pas faire deux fois la même chose et en vieillissant tu prends plus facilement des risques.

Ton dernier album est un peu plus rock. C’est quelque chose que tu voulais faire depuis longtemps ou ça s’est construit comme ça?

C’est comme ça que ça m’est venu en fait, tout simplement. Je ne pense pas que c’était prémédité, «Fixion» s’est créé comme cela et il est devenu ce qu’il est. Je n’aime pas trop mettre ce que je fais dans des boîtes ou poser une étiquette dessus. Cet album est ce qu’il devait être.

Quand j’écoute ta musique, j’ai toujours cette impression de planer, un truc un peu atmosphérique. Est-ce un sentiment que tu cherches à donner?

C’est assez drôle ce que tu dis, parce qu’il y a deux jours je travaillais sur un morceau et mon premier sentiment à l’écoute était cette impression de planer. Mais ce n’est pas quelque chose que je recherche particulièrement. Je cherche plutôt un côté magique ou dramatique, ce sont des sentiments que j’aime retrouver.

Je t’avais découvert en 2014 à Genève. Qu’est-ce qui a changé dans tes lives depuis?

Le groupe autour de moi grandit. Par exemple j’ai un bassiste maintenant. J’adore les basses mais je n’ai que deux mains et ne peux pas tout faire (rires). Mais mon équipe n’a pas beaucoup changé et c’est agréable d’avoir cette stabilité aussi.

Quelle est ta vision de la musique électronique ces dernières dix années?

(Il réfléchit) Pour être honnête, je n’ai pas l’ambition d’être un grand analyste. Je ne me sens pas spécialement un artiste de la scène électronique même si on me présente comme ça. Je ne peux que parler de ce que je fais et ce que je pense réaliser de juste.

Hier, nous avons rencontré WhoMadeWho, un autre groupe danois. Qu’est ce qu’il se passe dans ce petit pays pour que ça bouge autant?

La scène grandit de plus en plus surtout la scène indépendante. Il y a aussi les groupes de metal et de hardcore qui sont toujours présents. Il y a dix ans, le Danemark était connu pour Aqua et ce genre de merde, heureusement que ça a changé.

Tu vas jouer assez tôt ce soir, cela doit te faire bizarre, non?

C’est la première fois dans cette tournée que nous jouerons de jour en fait. Ça va être un peu bizarre. Je n’ai pas peur, j’ai confiance dans mon show. Juste le lightshow qui pourrait avoir moins d’impact. Je ne sais pas si le soleil se couchera gentiment durant le concert, mais ça pourrait donner un effet sympa.

 
Auteur:
Jorris

Personne ne sait véritablement ce que je fais dans cette rédaction à part râler sur Yannick. Sinon, j’attends le comeback d’Elvis Presley.

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