Tindersticks – Théâtre de l’Octogone de Pully – 15.03.2012

AlexPar Alex  •  27 Mar 2012 à 16:42  •  Live  •   1 view

Digérer complètement l’intensité musicale de ce groupe aux vingt ans de carrière n’est pas chose facile. La décrire est encore plus compliqué. D’autant plus que cette date au Théâtre de l’Octogone de Pully était la seule sur sol romand. Un lieu parfaitement approprié pour décupler l’univers clair-obscur mis en musique avec talent par les Tindersticks. Même s’ils comptent déjà huit albums à leur actif, je ne les connaissais pas jusqu’à ce qu’un proche au très bon goût musical me propose d’aller les voir. Je vous invite dès lors à plonger dans des ombres aux éclats lumineux.

Pour cette unique date en Suisse romande le concert était naturellement complet. Parlons de la salle qui n’a certainement pas été choisi par hasard. Il faut savoir que le Théâtre de l’Octogone a un sol légèrement bombé où s’entasse les chaises. Un sol légèrement bombé comme pour renforcer la musique hypnotique des Tindersticks. Un sol légèrement bombé comme pour laisser les vagues charismatiques de la voix du leader Stuart Ashton Staples venir s’échouer doucement sur les rives auditives du public. L’acoustique y est aussi de très bonne facture. L’endroit était ainsi tout à fait adapté à l’univers musical des Anglais de Nottingham.

Ensuite, je tiens à dire que je n’avais entendu que deux ou trois fois le dernier album « The Something Rain » avant le concert. La découverte allait dès lors être totale. Dès le début du concert le charisme de Stuart A. Staples figea immédiatement toute la salle. Il y a de ces gaillards qui ne disent pas grand chose et parviennent toutefois à atteindre une présence scénique assez ahurissante. Ils ne bougent pas beaucoup mais quelque chose se dégage de leur personne. Même s’il n’était pas suffisamment communicatif à mon goût, il a su parfaitement enchainer les musiques pour que le public ne s’ennuie jamais.

Et puis, cet enchainement des morceaux devenait parfois longuet. C’est alors que l’intelligence et l’expérience des Tindersticks s’exprimaient le mieux. En effet, dès que l’impression d’ennui commençait à faire son apparition, le quintette jouait un morceau pour ne pas perdre l’auditeur, pour le récupérer. Ou alors, ils n’hésitaient pas à prolonger et renforcer notamment la saveur sensuelle d’une superbe composition telle que ‘Medicine’ dont le clip officiel est disponible ci-dessous. Même si, pour moi, le sommet du concert a été la beauté de ‘Come Inside’. Une version qui ne voulait pas se terminer. Une version qui donnait les frissons. Une version où l’intimité était merveilleuse.

Autrement, les membres du groupe ne parlaient pas entre eux mais jouaient simplement dans une transe commune et communicative. J’ai même personnellement été surpris à plusieurs reprises par des mouvements incontrôlés de la tête comme si une impulsion avait réveillé en moi quelque chose de sauvage. Pourtant, la musique des Tindersticks est tout sauf sauvage mais quelque chose de primitif s’en dégage lorsqu’ils la jouent en live. Intensité serait peut-être un terme plus adapté. Notamment quand ils ont utilisé à plusieurs reprises un crescendo qui ne semblait plus vouloir s’arrêter.

J’ignore donc par quelle magie ces cinq musiciens sont parvenus à m’embarquer totalement dans leurs mélodies au point d’en oublier même les morceaux joués. Ce qui explique le maigre récit exposé dans ce texte. Je m’en excuse mais la beauté fait parfois perdre les mots. Par conséquent, le concert a été comme un blanc où j’ai tout oublié et pendant lequel je gambadais ailleurs. J’ignore si c’est bon signe mais mon petit doigt me dit que j’ai vécu un vrai moment de partage et d’oubli. J’étais comme possédé par la musique pendant 2h de temps. Et maintenant, je ne peux que difficilement me passer de la musique des Tindersticks. La magie de la musique a donc opérée.

Alex

De Brel à Fink en passant par Louis Armstrong et Sigur Ros, voilà ceux qui me marquent et touchent. La musique doit être un voyage, un envol et un rêve. Réveiller l’âme. Veiller l’être. Dévoiler le cœur.

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