Thylacine: « On peut toucher quelqu’un très profondément à travers un morceau »

RaffaelePar Raffaele  •  25 Juil 2015 à 15:26  •  Live  •   7 views

Thylacine appartient à cette nouvelle génération de jeunes prodiges de l’électro. Élevé dans la musique classique et le jazz, le saxophoniste converti en DJ a proposé un set puissant et enivrant au public du Paléo ce vendredi.

Crédit photo: Mickaël Burlot

Si je n’avais dû faire qu’une seule interview de toute la semaine, cela aurait été celle-ci. Après des jours d’attente, la bonne nouvelle arrive: nous avons 10 minutes à passer en compagnie de Thylacine. Rencontre dans les backstages du Club Tent.

Thylacine, qui es-tu ?

William de mon prénom, j’ai 22 ans, bientôt 23. Je compose de la musique électronique depuis peu, 4-5 ans environ. Par contre, je fais de la musique depuis tout petit, j’ai commencé le saxophone à 5-6 ans.

À la base, tu es saxophoniste. Quelle est ta formation musicale et comment en es-tu arrivé à faire de l’electro ?

J’ai une formation musicale assez classique à l’origine, j’ai joué dans pas mal d’orchestres et suis passé par le Conservatoire. Ensuite, j’ai eu un bon passage jazz qui m’a permis de découvrir l’improvisation et le live. J’essaie de garder cela et de retranscrire cette liberté d’improvisation dans la musique électronique, de créer un truc sur l’instant et d’interagir avec le public.

J’ai aussi joué dans des groupes au collège et au lycée. Lorsque j’ai commencé les Beaux-Arts, j’ai arrêté tout cela et me suis mis à composer des morceaux plus personnels dans mon coin. Les Beaux-Arts m’ont poussé dans ce sens, à entreprendre quelque chose que tu aimes au mieux de tes capacités. J’ai débuté avec la musique électronique en composant, je n’étais pas du tout dans ce milieu à l’origine.

On sent une recherche de profondeur, une volonté d’installer une ambiance dans ta musique, quelque chose qui touche aux émotions. Est-ce une démarche délibérée de ta part ? Que donnes-tu de toi-même dans tes productions ?

C’est justement ce qui m’intéresse dans la musique, le fait qu’elle puisse toucher très profondément quelqu’un à travers un morceau. Cette magie de la musique me passionne. Mes morceaux sont assez intimes, je les compose pour moi avant tout, c’est comme une partie de moi-même et des moments que j’ai vécu. Cela m’a fait du bien de le composer ‘Antidote‘ par exemple, c’était aussi un antidote pour moi-même parce que je galérais sur une autre composition, celle de ‘Pleasure‘ où je suis passé par une trentaines de versions différentes.

Dans ‘Mountains‘, sorti récemment, on voit des jeunes faire la fête dans un coin reculé de l’ex-URSS, et un vieil homme raconte qu’ils ne peuvent quitter ces montagnes. Est-ce un message d’espoir ou reste-t-on finalement coincés dans nos origines ?

C’est un message d’espoir, assez nostalgique et mélancolique. Ces jeunes se détachent de leur passé, il y a un fossé énorme entre cette jeunesse « YouTube » qui ne se préoccupe pas du passé, et l’ancienne génération très ancrée dans l’Union Soviétique. Il y a une grosse confrontation entre les deux. Cette jeunesse vit dans un coin qui n’est pas propice à l’émancipation (le clip a été tourné en Bulgarie). Elle est un peu enfermée dans ces montagnes et l’ancienne idéologie. Malgré tout, ils s’amusent et réussisent à trouver les moyens d’avancer.

Raffaele

J’ai grandi dans les années 90, mes influences sont un vrai patchwork musical. J’apprécie selon l’humeur un gros beat electro, un flow hip hop ou l’effervescence d’un concert de rock. ‘Faut que ça groove !

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